‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 31 sur 69 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

de Jowett, d'Arthur Stanley, les courants intellectuels ramenassent les esprits vers une religion plus dogmatique, plus autoritaire, plus traditionnelle et plus surnaturelle. Si le vent soufilait, c'était plutôt dans le sens du positivisme, de l'agnosticisme, de la critique, ou tout au moins d'une religion préoccupée à ce point de n'être pas trop dogmatique qu'elle n'était plus guère qu'un sentiment. Quant aux autorités sociales, les promoteurs de cette transformation n'en ont pas eu une seule avec eux. Ils faisaient partie de l'Université d'Oxford : cette Université les a désavoués et condamnés. Ils étaient membres du clergé : les évêques se sont prononcés contre eux. Des ministres dirigeants, les uns leur ont témoigné du dédain, comme Disraeli ; les autres, de l'aversion, comme John Russell ou Palmerston. Les cours de justice, saisies de leur cas, leur ont donné tort. Ont-ils eu l'opinion pour eux? Les journaux et les revues les plus lus leur ont été généralement défavorables. La foule elle-même a donné l'assaut à leurs chapelles, au cri de : No Popery. Encore n'est-ce pas du dehors, mais bien de leurs propres rangs qu'ils ont reçu le coup le plus redoutable, celui qui semblait devoir ruiner à jamais leur cause : je veux parler de la défection de leurs chefs les plus éminents, Newman, Manning, les deux Wilberforce et tant d'autres, qui, en revenant à l'Eglise romaine, ont proclamé eux-mêmes la faillite de l'anglo-catholicisme et ont paru donner raison à ses adversaires. C'est malgré tant de causes contraires que cette réaction catholique est née et s'est développée au sein de l'Eglise établie.

Page 1