INTRODUCTION XXXV
Quant au résultat, nous l'avons sous les yeux. Redemandez aujourd'hui aux anglicans dont je parle, s'ils sont protestants ou catholiques : ils se défendront avec indignation d'être protestants, considéreront cette qualification comme une injustice et une injure, revendiqueront le droit de se dire catholiques, se piqueront de n'avoir que des croyances et des pratiques catholiques. Loin d'être, comme leurs devanciers, satisfaits d'avoir une religion tout anglaise, — à la façon des anciens Hébreux qui ne concevaient guère Jéhovah que comme leur appartenant à eux seuls, — ils sentent que la vérité religieuse ne peut être à ce point insulaire ; ils tâchent de se persuader qu'en dépit de la scission du x\ie siècle, où ils ne veulent voir qu'un accident malheureux et passager, ils demeurent toujours une branche de l'Eglise catholique ; ils affirment que, malgré tout, subsiste une sorte d'unité immatérielle. Des prétendus réformateurs qu'ils rencontrent à la naissance de leur Eglise, ils se montrent assez peu fiers ; parfois même ils confessent hautement leur crime et, en tout cas, paraissent surtout préoccupés de faire remonter au-delà leur origine, plus curieux de se rattacher à saint Grégoire le Grand et à saint Augustin de Canterbury qu'à Henri VIII et à Cranmer. Entrez dans quelqu'une des églises de plus en plus nombreuses que fréquentent les anglicans de cette école, de celles où l'on applique les idées HighChurch: l'aspect est celui d'une église catholique. L'autel, en pierre ou en marbre, surélevé de plusieurs marches, richement orné, surmonté d'une croix, parfois même