XLIV INTRODUCTION
considérables. Pour être bien atténuées, les préventions contre Rome sont loin d'avoir entièrement disparu. Si elles n'ont plus la même puissance offensive, si l'élan est maintenant à d'autres idées, elles conservent, dans les masses de l'anglicanisme, une force d'inertie, incapable de rien créer, mais capable d'arrêter un mouvement. Dans le parti Hiyh Church lui-même, depuis quelques années, ces préventions semblent s être avivées. Ce n'est pas seulement l'effet des irritations passagères soulevées par la bulle du Pape. On dirait que, chez certains esprits, l'évolution qui les conduit vers le catholicisme, en le leur montrant plus proche, ait par cela même réveillé les vieilles antipathies, et que plus la conversion s'impose, plus ils se raidissent contre elle. De là l'aigreur croissante de certaines polémiques1. L'archevêque d'York faisait allusion à ces sentiments, quand il écrivait à un religieux français, le P. Ragey, (pie « l'Eglise anglicane devenait de jour en jour plus catholique, mais en même temps plus antiromaine ».
Peut-on d'ailleurs s'attendre à voir rompre facilement les liens trois fois séculaires, attachant les Anglais à cette Eglise qui est leur œuvre et qu'ils étaient Halles d'entendre nommer anglicane? De tout temps, ils ont été disposés à croire à l'excellence de tout ce qui appartient à l' Angleterre. Ils en sont encore plus convaincus, après le récent Jubilé de la reine et l'enivre-
1 L'un des livres les plus acrimonieux publiés contre le catholicisme, Plain reasons against joining l.he Church of Rome, a pour ;j ii teni- le l)r Littledale, qui avait été jusqu'alors un ritualiste ardent.