‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 42 sur 69 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

ment d'orgueil national qui en a été la conséquence. Dans leur conception un peu judaïque des choses religieuses, ils considèrent la prospérité de leur pays comme une preuve que leur culte est le plus agréable au Seigneur; leur patriotisme se révolte à la pensée de Féchanger contre celui de nations qu'ils jugent inférieures ; ils rendraient plutôt grâces à Dieu, comme le pharisien de l'Evangile, de ce qu'ils ne le prient pas à la façon des publicains de France ou d'Italie. Quelquesuns, sans doute, avaient une vue moins étroite et s'inquiétaient des faiblesses, des lacunes de leur Eglise. L'effort fait, depuis soixante ans, pour la catholiciser, n'a-t-il pas contribué à dissiper ces troubles, à raffermir ces fidélités ébranlées ? Ce que les âmes pieuses souffraient autrefois de ne pas rencontrer dans l'anglicanisme et ce qu'elles étaient tentées de demander à l'Eglise romaine, — vie sacramentelle, éclat du culte, consolante douceur des dévotions, aspirations mystiques et ascétiques, — elles croient le posséder maintenant dans leur communion. Pourquoi dès lors le chercher ailleurs, au prix des sacrifices et des déchirements que comporte un changement de religion? Ajoutons que de grands efforts ont été faits pour justifier historiquement et théologiquement cette via média entre le catholicisme et le protestantisme, où les premiers promoteurs de « l'anglo catholicisme » avaient eu d'abord tant de peine à prendre pied. Des savants distingués se sont donnés à cette tâche. Ils se flattent d'avoir découvert une réponse aux objections qui avaient désemparé un Newman et un Manning, et

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