‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 44 sur 69 · INTRODUCTION XLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLVII

rence dogmatique. N'est-ce pas un évêque anglican, Westcott, qui, parlant de ses coreligionnaires, notait récemment comme « un faible son d'incertitude dans beaucoup des professions de foi qui étaient faites publiquement » ?

Enfin, si grands qu'aient été les progrès accomplis depuis soixante ans, si longue que soit la liste des croyances catholiques auxquelles les anglicans sont revenus, il n'en reste pas moins, pour faire le dernier pas, pour arriver au plein catholicisme, un abîme à franchir. Il ne s'agit plus seulement d'ajouter un dogme à tous ceux qu'on a déjà acceptés, il faut, — ce qui est bien autrement difficile, — consentir à établir la vie religieuse sur un fondement nouveau, se soumettre à une autre règle de foi ; il faut substituer à la domination jusqu'ici absolue du jugement privé, le principe d'une autorité vivante, ayant droit d'enseigner et de commander. Or rien n'est plus étranger au tempérament de l'esprit anglais, habitué à décider de toutes ces questions à lui seul et à doser sa religion à sa guise. A considérer même d'un peu près le mouvement catholique qui s'est produit au sein de l'anglicanisme, on se rendra compte que, loin d'être un retour au principe d'autorité, il a été une manifestation de cette indépendance individuelle. Tous les clergymen qui ont modifié dans ce sens, et parfois si complètement, le culte et l'enseignement dogmatique de leur Eglise, l'ont fait par leur volonté propre, j'allais dire suivant leur fantaisie, chacun dans la mesure qui lui convenait, sans l'autorisation, souvent contre la volonté de leurs chefs

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