LIV INTRODUCTION
Le devoir des catholiques est donc de l'aire bon visage aux hommes de ce mouvement. Au lieu de les railler ou de les blâmer de ce qui leur manque encore, admirons l'effort qu'il leur a fallu faire pour reconquérir, fragment par fragment, quelques-unes des vérités perdues depuis trois siècles. S'ils tâtonnent, s'ils s'arrêtent ou même paraissent reculer, n'en soyons pas surpris. Croit-on que ce soit chose aisée de soulever le poids des préjugés séculaires au milieu desquels l'esprit a été formé sans même soupçonner la vérité contraire, de rompre des liens que les sentiments les plus nobles semblent contribuer à fortifier? Rappelons-nous combien d'années un Newman et un Manning ont lutté dans l'angoisse, en présence de la vérité toute proche qu'ils n'osaient encore embrasser1. A ceux qui aujourd'hui sont arrêtés par les mêmes hésitations, ne témoignons ni irritation ni dédain ; donnons-leur largement, au contraire, la sympathie et le respect auxquels ils ont droit2. Et puis, ayons confiance dans l'issue plus ou moins lointaine de la crise. 11 y a, croyons-nous, chez ces hommes, à la fois beaucoup de droiture dans la recherche de la vérité et beaucoup de préventions : la droiture restera, et les préventions s'useront.
suppose, leur jeu serait plutôt de retarder les conversions individuelles.
1 Newman a fait le récit immortel de ces tragiques hésitations dans son Apologia.
'-' Les catholiques anglais paraissent maintenant mieux comprendre qu'ils ne l'ont fait a d'autres moments que la justice et l'habileté conseillent une telle attitude. Le langage de leurs journaux s'est manifestement modifié dans ce sens. Dans une réunion récente de la Catholic Truth society, les principaux orateurs, dont l'évêque de Liverpool et deux jésuites, le P. Lucas et le