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de Miiiilalemherl et devant les catholiques de tous pays, prononcé un discours où il exposait les progrès du catholicisme en Angleterre. Autant que sa santé le lui permettait, il continuait à faire des lectures sur des sujets variés. Son succès était vif, et les comptes-rendus des journaux de j)lus en plus favorables. Il constatait avec plaisir « celte unanimité étonnante ». « C'est certainement un phénomène, écrivait-il en 1863, à un ami; personnellement, cela m'importe peu; mais, comme action sur l'opinion publique, je crois que c'est beaucoup. I' Va il ajoutait, revenant sur une idée qui lui était chère : u J'ai souvent pensé et dit que le lecture plalform est à nous, si nous le voulons. » En cette même année, sur la demande expresse d'un clergyman protestant, fondateur de vastes écoles, il parlait, au musée de Kensington, dans une salle remplie d'ouvriers et d'ouvrières. « J'ai rarement, écrivait-il, éprouvé plus de satisfaction. » De toutes parts, les sociétés savantes et littéraires, les comités philanthropiques sollicitaient son concours et lui rendaient hommage. Pendant ses maladies, arrivaient constamment des lettres d'ecclésiastiques de confessions diverses, qui suggéraient des remèdes. Wiseman jouissait de cette popularité et se plaisait à la comparer aux clameurs haineuses de la campagne contre « l'agression papale ' ». Pour être ainsi en coquetterie avec l'opinion anglaise, il ne la ménageait pas cependant, quand elle s'égarait: en 1864, il fletriiisait, dans
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un mandement indig'né, les lionneurs inouïs, rendus à Garibaldi, alors en visite à Londres, non seulement par le populaire, mais par les plus hauts représentants de la société anglaise, y compris les évoques; il rappelait à ces prélats les déclarations sauvag'es d'impiété et d'athéisme, tout récemment faites parle condottiere. Le Tiiiie-'i essayait de contester cette dernière assertion, mais, après réplique du prélat, il devait s'avouer vaincu.
En cette même année 18G4, l'Angleterre s'agitait pour préparer la célébralion du troisième centenaire de Shakespeare. Des démarches lurent faites auprès de Wiseman, par l'Institut royal et par des délégués ouvriers, représentant deux millions et demi d'adhérents, pour l'inviter à siéger dans le comité d'organisation et à faire, en cette grande solennité, une conft'rence publique. « J'ai considéré, écrivait-il à un ami. le 24 octobre 1864, comme une affaire capitale pour la religion, d'accepter cette lecture, en raison du bon effet qu'il y aura à voir un sujet national conlié à un membre de la hiérarchie catholique'. » Après divers ajournements, la conférence fut fixée au 27 janvier 1865.
En dépit de sa santé de plus en plus ébranlée, le cardinal s'était mis à l'œuvre avec ardeur. Mais, dans les premiers jours de janvier 1865, il se trouva tout à coup plus mal, et il fut bientôt visible que la fin approchait. Wiseman s'en rendit compte. Il languit quelques semaines, édifiant ceux (jui l'entouraient par sa douceur, sa foi et sa piété, réglant lui-;nème tout ce qui concer-
' Life uf Wiseman. t. II, p. .iOS.
liait SOS funérailles. Aux heures de répit, il revenait volontiers sur le revirement de l'opinion anglaise à son sujet : « Je pense, dit-il un jour, que beaucoup me reg-retteront, j'entends des protestants. Je ne crois pas (ju'ils veuillent toujours me regarder comme un si grand monstre. » Ses derniers conseils aux membres du cliapilri', liii-ent pour leur recommander la paix et l'union, même au prix de l'abandon de leurs opinions personnelles. Il demanda qu'on fit revenir Manning alors à Rome, mais eut peine à le reconnaître quand il arriva. Il s'éteignit quelques jours après, le 13 février \ Ses funérailles furent un événement, A voir l'aflluence des prêtres, des religieux, des fidèles, l'éclat des cérémonies, on put juger du développement qu'avait pris la vie catholique en Angleterre, sous sa primatie; à voir l'émotion du pays tout entier, les témoignages de regrets et de déférence venant des protestants eux-mêmes, les éloges à peu près unanimes de la presse, la présence aux obsèques de plusieurs hauts personnages, et surtout l'affluence inouïe, inattendue de la foule défilant devant son corps ou se pressant, dans les rues, sur le passage du convoi, tous les signes en un mot d'un deuil national que le Times surpris comparait à celui des funérailles du duc de Wellington, on put mesurer quelle place, au milieu de tant de traverses, le cardinal Wiseman avait su conquérir dans la société anglaise, pour sa personne, pour la dignité dont il était revêtu et pour l'Eglise qu'il représentait.
1 Life of Wiseman, t. II, chap. xxx.