‹ La Renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 9 sur 32 · LES RITUALI8TES PERSÉCUTÉS · texte numérisé non relu

LES RITUALI8TES PERSÉCUTÉS

tout, poursuites, persécutions, monitoires, invectives, railleries, calomnies, impopularité, « glissait, a-t-on pu dire, sur cette robuste constitution, like water off a ducKs back{ ». Et, tout en faisant tête à l'attaque, il continuait son œuvre d'apostolat et de prière, aussi dévoué à ses ouailles, surtout aux plus misérables, aussi fervent dans ses exercices de piété. De se trouver en contradiction avec les autorités religieuses, particulièrement avec Tait, son évêque, il n'était pas un instant troublé. Répondant à une lettre de forme bienveillante que celui-ci lui avait adressée, il lui écrivait :

Le nouveau témoignage d'amitié que me donne Votre Seigneurie me rend très pénible de vous chagriner, en étant obligé d'agir suivant les convictions que je me suis faites, après pleine et soigneuse étude, sur l'enseignement de l'Église d'Angleterre, de l'Église catholique entière, et, par-dessus tout, de l'Évangile du Christ... J'ose penser que Votre Seigneurie est un des derniers hommes, en Angleterre, à désirer de me voir agir contrairement âmes convictions, ou cacher, à ceux que j'ai charge d'enseigner, aucune partie de ce que je conçois être l'Évangile du Christ. Je ne puis pas ignorer que la pleine affirmation de ce que je suis convaincu être la vérité peut m'attirer de sérieux inconvénients, mais j'espère que le même Dieu qui m'a fait cette révélation, me portera, par sa grâce, à travers toutes les difficultés qu'il laissera surgir sur mon chemin 2.

Un autre procès retentissant de cette époque fut

1 « Comme l'eau sur le dos d'un canard. » [A. -H. Mackonochie. A Memoir, p. 103-104.)

2 Life of Tait, t. I, p. 434.

celui du Rev. Purchas, perpétuai curate de Saint- Jante' $ chapelk Brighton, auteur du Directovium anglicanum, sorte de manuel liturgique suivant les vues des Ritualistes les plus avancés. Cité en 1869, à raison des très nombreuses innovations cérémonielles qu'il avait introduites dans sa chapelle, il refusa de se défendre, en alléguant sa pauvreté et son état de maladie. Le juge n'en instruisit pas moins l'affaire et rendit sa décision, le 3 février 1870; il condamnait comme illégales vingtneuf des pratiques incriminées, entre autres les processions, les lumières sur l'autel, l'encens, le mélange de l'eau dans le calice quand il se fait durant le service, l'élévation de l'hostie, les génuflexions, YAgnus Dei, le cruxifix de métal, etc. ; mais il admettait la légalité de quelques autres pratiques, tels que les vêtements eucharistiques, le mélange de l'eau dans le calice quand il se fait avant le service, les vases de fleurs et surtout Y easlward position : on entendait par là l'habitude prise parles ministres ritualistes, à l'instar des prêtres catholiques, de se placer, pour le service eucharistique, au milieu de l'autel, en tournant le dos à l'assistance, au lieu de continuer à se tenir de profil, au petit bout (north end) de la table de communion. Dans la pensée de ses partisans comme de ses adversaires, Yeasticard position apparaissait étroitement associée à l'idée catholique d'un prêtre opérant un sacrifice, au nom et à la tète de l'assemblée des fidèles; de là, l'importance que, des deux côtés, on y attachait*.

1 Pusey a dit, dans un meeting, en 1874 : « Le fait de se tenir devant l'autel signifie la doctrine primitive du Sacrifice eucha-

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