‹ La Renaissance Catholique en Angleterre au XIXe siècle (volume 5)Chapitre 6 sur 33 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

I. Démentis apportés par les faits à ceux qui, comme Pusey, voudraient prouver que l'Église d'Angleterre se sépare de l'hérésie protestante. L'évêché de Jérusalem. Hampden nommé évoque. Impuissance des protestations. — II. Pusey ne reçoit pas un moindre démenti, quand il veut soutenir que ses doctrines ne conduisent pas à Rome. Conversion au catholicisme du clergé de l'église S. Saviour's, fondée par lui à Leeds. Il se refuse cependant à rien changer à son attitude. — III. Manning commence à avoir des doutes sur l'Anglicanisme. Son état d'esprit. Sa conduite envers ceux qui sont tentés de passer au catholicisme. Son voyage à Rome. L'affaire Hampden lui parait une nouvelle preuve de la situation intenable de son Eglise. Il se croit néanmoins tenu par sa charge d'en atténuer le mauvais efifet. — IV. L'affaire Gorham. Le comité judiciaire du Conseil privé se prononce pour Gorham. Émotion produite chez tous ceux qui voudraient se persuader que l'Église anglicane a les caractères d'une véritable Église. Toutes les tentatives faites pour réformer cette décision ou en dégager l'Église échouent.

Pusey et ses amis ne pouvaient justifier leur position intermédiaire que s'ils trouvaient réponse à la fois aux catholiques qui leur reprochaient le protestantisme irrémédiable de l'anglicanisme, et aux anglicans qui les accusaient de conduire les âmes au romanisme. Il leur fallait prouver aux premiers que l'Église d'Angleterre se séparait de l'hérésie protestante, aux se-

conds que le retour aux croyances et aux pratiques catholiques n'avait pas pour conséquence logique la soumission au Pape. Or, sur les deux points, les faits venaient sans cesse leur donner tort.

Comment, en effet, continuer à soutenir l'orthodoxie de l'Eglise établie, en présence de la conduite de ses chefs dans deux affaires qui émurent alors le monde ecclésiastique? L'une avait trait à cetévêché de Jérusalem dont, en 1841, l'institution, de compte à demi avec la Prusse, n'avait pas peu contribué à désabuser Newman^. Le premier titulaire de ce siège étant mort, c'était au tour du roi de Prusse de désigner son successeur, et il avait porté son choix sur le révérend Gobât, ancien ministre luthérien, devenu depuis peu diacre anglican, auteur d'un livre suspect d'hérésie nestorienne ou monophysite. Pusey s'agita pour empêcher la consécration de Gobât et même pour faire renoncer au principe de cet évêché : il montra de quel danger serait, pour tant de fidélités ébranlées, cette nouvelle tache d'hérésie ; il expliqua que ceux qui avaient fait sécession, avaient été « non pas tant attirés à Rome qu'effrayés de leur propre Église ». « Si les évêques connaissaient cet état d'esprit, ajoutait-il, leurs mains trembleraient en consacrant un nouvel évêque de Jérusalem. » Vainement fut-il secondé, dans cette opposition, par quelques amis, Marriott, Church, J.-B. Mozley, et même par l'évêque d'Exeter, son cri d'alarme n'eut pas d'écho dans les hautes sphères ec-

1 Voyez la Renaissance catholique en Angleterre au XIX' siècle, première partie, p. 223.

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