INTRODUCTION XLIX
gnante; enfin ils auront beau se leurrer par quelques apparences d*universalité, ils seront bien obligés de s'avouer qu'ils sont isolés, séparés du corps et de la tête de la chrétienté, et ils ne trouveront pas longtemps une compensation suffisante à cet isolement dans les coquetteries échangées avec quelques évéques russes ou avec des prêtres « vieux-catholiques » en rupture de célibat. Déjà» sous les affirmations confiantes et hautaines qu'une sorte de point d'honneur les conduisait naguère à opposer à la bulle pontificale, on devine plus d'un esprit inquiet, troublé : le temps ne pourra qu'augmenter ces doutes. On peut, du reste, s'en fier aux anglicans demeurés protestants, pour démontrer aux « anglo-catholiques » que leur situation est intenable et pour leur signifier que place ne peut plus leur être faite dans l'Eglise établie. Qui sait si ce ne sera pas le résultat le plus clair de la campagne si bruyamment menée en ce moment, pour obliger les évêques, les pouvoirs politiques et les autorités judiciaires à user de rigueur contre le « ritualisme » ?
n est vrai enfin que ce réveil de vie religieuse au sein de l'anglicanisme satisfait des âmes pieuses qui eussent été, sans cela, tentées d'en sortir. Mais ce n'est vrai que pour un temps. La source à laquelle elles ont pu ainsi se désaltérer sera bientôt tarie, parce qu'elle est artificielle. Aujourd'hui, ces âmes sont tout à la joie des vérités et des grâces qu'elles croient avoir retrouvées; demain, elles seront anxieuses de ne pas les sentir plus assurées. Plus se ranimera eu elles la dévotion à l'Eucharistie, plus elles voudront être cer-