‹ La renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècleChapitre 5 sur 60 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

précieuse mémoire, avec de tendres sentiments de respect, de gratitude et de hante estime. »

En présence de telles manifestations, les espérances les plus hardies semblaient permises : des imaginations optimistes entrevoyaient déjà le retour en corps {corporate-reunion) d'une partie de TEglise anglicane et la constitution, outre-Manche, d*une sorte d'Eglise uniate qui serait, par rapport à Rome, dans une position analogue à celle de certaines Eglises orientales. On mesurait d'avance, avec émotion, tout ce que le catholicisme gagnerait à une pareille accession, de quel avantage serait cette infusion d'esprit anglo-saxon dans une société religieuse que le malheur des schismes passés avait laissée trop exclusivement latine. Il n'était pas jusqu'à la prodigieuse expansion de l'Empire britannique, qui, vue à cette lumière, ne prtt une signification providentielle et qui ne semblât destinée, comme autrefois celle de l'Empire romain, à étendre le règne du Christ et de son Vicaire.

Sans doute, quelques mois plus tard, toutes ces belles visions d'unions s'évanouissaient subitement; il avait suffi pour cela de la bulle décrétant définitivement la nonvalidjté des ordres conférés par l'Eglise d'Angleterre. Ceux des membres de cette Eglise qui s'étaient le plus avancésversie catholicisme, se montraient aussi les plus attristés, les plus embarrassés, les plus blessés. Ils accu saientfort injustement Rome d'avoir fait preuve d'obstination, d'intolérance, d'avoir même tendu un piège à leur crédulité trop confiante, d'avoir machiné une sorte de guet-apens.IIs s'en prenaient surtout à leurs compa-

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