INTRODUCTION IX
protestant, une réaction contre les tendances catholiques qui se manifestaient dans une partie notable de Tanglicanisme.
Cette réaction, suivant de près Téchec de la tentative de réunion avec Rome, n'est-elle pas de nature à dissiper toutes les espérances qu'auraient pu nous faire concevoir les modifications survenues, depuis quelque temps, dansFétat religieux de l'Angleterre, etle royaume d'Henri YIII et d'Elisabeth n'apparaît-il pas plus que jamais acquis au vieil esprit de schisme et de révolte du XVI* siècle? S*en tenir à cette conclusion, serait apporter, dans le découragement, la même précipitation peu raisonnée qu'on avait pu montrer naguère dansTespérance. Pour bien juger d'un mouvement, de ses chances d'avenir, il ne faut pas s'attacher aux effets plus ou moins passagers de telles crises particulières, mais regarder les choses dans leur ensemble, de haut et de loin. Des accidents, pour regrettables qu'ils soient, ne peuvent pas détruire, en quelques mois, Toeuvre de longues années. Or, si Ton considère, non plus les à-coups momentanés qui viennent de se produire, mais les grandes lignes et les résultats généraux de l'évolution qui s'accomplit en Angleterre, depuis bientôt un siècle, le fait s'impose saisissant : on ne peut nier l'importance du changement produit; on voit se dessiner clairement la direction dans laquelle il s'accomplit, et l'on constate qu'il en est résulté un progrès aussi incontestable qu'inattendu des idées catholiques.