I.ihrairie Wilhelm
Engelmann
Leipzig.
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traités, tels que Guérin et Gendron, se prononcèrent pour le nouveau procédé. En Angleterre Hope, Sharp, ses élèves Warner, Tho. Young i) et encore Gantwell, l’adoptèrent. En Allemagne il fut accepté par Sigwart, Hellmann, Mursinna, Jung et notamment par A. G. Richter et Joseph Beer auxquels l’on doit la forme courante de la section classique en demi cercle. Signalons encore ten Haaf et de Witt en Hollande, Heuermann en Danemark et Acrel en Suède.
La lutte contre l’extraction et la renaissance du déplacement de la cataracte.
Malgré tant de partisans, la victoire de l’extraction n’avait pas encore définitivement sonné. Malgré la conviction enflammée qu’inspirait ses avantages, il manquait à ce siècle la base certaine que donnent le traitement avisé des plaies et l’anesthésie (locale). Les mêmes moyens n’ont, il est vrai, acquis droit de cité dans la chirurgie générale que cent ans plus tard.
Qui aurait osé, dans cette mémorable séance de l’Académie de Chirurgie, du 13 novembre 1752, prédire à l’inventeur sa marche d’abord triomphale à travers le monde civilisé et ensuite, après une génération humaine, l’àpre lutte contre l’ancien procédé?
C’était comme si après avoir conquis une province limitrophe d’un royaume voisin, il fallait la défendre contre la génération suivante.
Plusieurs circonstances venaient se liguer ici : d’abord le chiffre assez notable de pertes après l’extraction par suppuration, par prolapsus de l’iris (formation de staphylome) ; ensuite la difficulté du procédé qui n’était pas créé d’ailleurs pour les moins habiles enfin ce désir malheureux de renovation et de changement qui tient jusqu’au sang la plupart des médecins, obstacle principal au vrai progrès : au lieu de perfectionner les procédés utilisables, on aspire sans cesse à des méthodes nouvelles. Alors, semblables à ceux qui lancent les modes nouvelles, on revient sans cesse à ce qui fut neuf jadis.
L’abaissement n’avait d’ailleurs pas été totalement abandonné. Bien
avant. Ils étaient experts oculistes de St. Côme et oculistes à l’Hôtel-Dieu, en tous cas de 1784-'! 803; dès 1773 ils obtinrent pour leurs opérations des huit dernières années une indemnité de 200 livres. (Terson, Arch. d’opht. 'XIX, p. 351.
1) Ce Young n’était pas le grand artiste que Hübbel se plaisait à voir en lui. Ses opérés qui voyaient au début, perdaient après quelques mois le
jeu de leur pupille et la vision ensuite, — par décollement de là rétine. Ainsi Young retourna à l’abaissement. (Comp. Bell System der Wundarzneikunst, I Edit., t. 3, p. 287: «Th. Young a changé complètement de manière de voir.»)
2) L’extraction n’est appropriée qu’à des mains adroites et expérimentées.» (Daviel). «La préférence de certains oculistes pour l’opération avec l’aiguille ne se laisse expliquer que par ce fait que la section cornéenne exige une adresse manuelle particulière laquelle n’appartient pas à tout individu.» (Ferd. Graefe).
que Pellier de Quengsy eût déclaré que ce fut un malheur pour l’humanité, un nouveau combat s’engagea en sa faveur et contre l’extraction dans les dernières décades du 18® siècle. Au début du 19®, la lutte alla croissant, violente et plus âpre.
Ce fut l’Angleterre qui s’éleva la première contre la France; l’Allemagne et l’Italie suivirent.
C’est dans la personne du grand chirurgien du Bartholemew’s Hospital, Perciva-l Pott (1713-1783) que surgit l’adversaire le plus actif de l'extraction, qu’il qualifia d’opération à la modei). «On s’imaginera peut-être, dit-il, que j’ai conçu un préjugé contre l’extraction. Je ne m’en soucie guère . . . La préférence doit aller à l’aiguille 2).» Des faits probants, il n’en allègue point. Il dit à bon droit que l’on peut aussi récliner des cataractes molles; mais il se repose par trop sur la fonte de la lentille cristallinienne après la déchirure de la capsule ; il veut même que si le cristallin tombe dans la chambre antérieure au cours d’un abaissement, on l’y laisse se dissoudre en paix.
Le fait que dans son bref mémoire il se défend contre le reproche de partialité 3) et de préjugés, nous donne à réfléchir : nous savons combien les succès, obtenus à Londres par l’oculiste ambulant Wenzel, avec l’extraction, l’ont tourmenté.
En tous cas Pott fit école en Angleterre. Beeu juge la question; «Il en est qui rejettent l’extraction par amitié pour M. Pott, d’autres pour se distinguer dans le tas, une troisième catégorie par haine nationale et une quatrième parce que l’extraction, soit préjugé, soit manque d’habileté, échoua entre leurs mains.»
En même temps que l’habile oculiste Janathan Wathen se déclarait à Londres, en 1785, en faveur de l’extraction avec le courage de la conviction, le grand B. Bell à Edimbourg s’était de nouveau prononcé dans la première édition de son Système de Chirurgie (1783-1787) sans ambages, pour l’abaissement. Et James Ware, l’associé de jadis de "Wathen, ne put gagner les suffrages de ses compatriotes par son excellent mémoire sur l’extraction (1795) comme Richter et Beer avaient su emporter ceux des leurs qui étaient déjà convaincus.
Un avantage, comme le voit l’historien, exempt de préjugés, devait dériver de cette lutte contre l’extraction: la discision^) de la cataracte
q A kind of fashion !
2) It may possibly be supposed, that I bave conceived a préjudice against the operation of extraction. Of this I am not conscious . . . the preference will be found justly due to the needle.
3) Prédilection or partiality.
4) Le nom se trouve pour la première fois dans Hülverding, Dissertatio sistens quasdam circa cataractae discissionem observationes, Viennae <824.
Le mot est écrit correctement: Discissio, acte de fendre, diviser, de discin-
devait s’ériger progressivement en im procédé spécial jusqu’à ce qu’elle obtînt de nos jours la priorité, pour les cataractes molles.
Seul paimi les anciens Celse fait allusion au morcellement de la cataracte comme complément de 1 abaissement, notamment lorsque ce dernier ne conduit pas au but. Aî{t\I4L0s ne parle pas du morcellement. La mauvaise traduction latine du Moyen-àge pourrait nous induire en erreur. Le texte clair de la traduction i) ai-abe dit seulement ce qui suit: La cataracte se montre-t-elle difficile, en revenant sans cesse en place, lorsque tu l’a abaissée, pousse-la sur les côtés, là où cela est le plus aisé, jusqu’à ce que le malade voie.»
Les Arabes n’ont pas recommandé la discission de la cataracte. Mais ce procédé ils en ont fait usage, exceptionnellement, contraints par la nécessité, quand l’abaissement ne réussissait pas.
La chose est libellée ainsi dans la quatrième observation de cataracte de Ammar'-), qui se rapporte à la cataracte congénitale, retractée, dure d’un sujet de 30 ans: «A présent j’appuyai avec force sur la cataracte avec l’aiguille. Voici qu’elle fut incisée comme la peau de l’œuf qui se trouve à l’intérieur sur le blanc. Je ne cessai d’agir de la sorte que lorsque j’eus déplacé toute la cataracte de la manière décrite et avec beaucoup de peine.»
Ainsi au Moyen-àge en Europe et au début des temps modernes, le morcellement de la cataracte devint un procédé accidentel d’urgence 3). Avec la fin du 1 6® siècle quelques chirurgiens instruits commencèrent à entrevoir que l’on peut fouiller dans une cataracte molle, que les fragments et restes de cette cataracte après s’être gonflés, disparaissent avec le temps, se dissolvent spontanément. Ainsi Bartisch dit : «Si l’on veut fixer et traverser une telle cataracte, la matière, si elle est trop molle, se brise dès qu’on y touche, comme lorsqu’on cherche à détruire avec un bâton un mince glaçon posé sur l’eau. Toutefois si les fragments touchent dans le bas de l’œil, descendent, ces gens peuvent encore récupérer leur vue, pour peu qu’ils reçoivent des soins éclairés «bien entendu.»
On trouve dans Güillemeau : «Quelques cataractes sont si molles que l’aiguille les traverse comme du fromage mou: il faut alors déplacer ça et là l’aiguille; la partie épaisse de la cataracte tombe en bas, la partie fluide se résorbe, le malade voit. »
Le premier qui, se basant sur l’expérience, a déclaré que l’on ne doit pas pratiquer le morcellement de la cataracte, comme Celse seul parmi les anciens l’avait conseillé, à titre d’éventualité, mais le faire toujours, lorsqu’on le peut, ce fut le remarquable Woolhouse, en l’année 1 72 6'^).
Une signification considérable s’attacha au morcellement, lors de la lutte violente suscitée par l’extraction et par l’abaissement, et cela d’abord par le fait de Pott: il avait violemment exagéré la portée du morcellement.
Gleize 5) dut dans un cas retirer le couteau à cataracte et ne put achever
dere; le mot discisio de discidere, découper, n’existe pas. (Comp. Hirsghberg’s Wôrterbuch der Augenheilk., 1877, p. 24).
1) Centralb. f. pract. Augenheilk., 1906, avril, p. 99.
2) Graefe-Saemisch, t. XIII, p. 228, 1908.
3) Comp. Magnus, Gesch. d. grauens Staares, 1876, p. 143.
4) Journal de Trévoux, 1726, p. 2273.
5) Nouvelles observations pratiques sur les maladies de l’œil. Paris 1786.
la section, vu l’indocilité du malade ; il conduisit dans l’ouvertui*e de la cornée une aiguille et ouvrit la capsule. La cataracte fut dissoute ultérieurement. 11 recommença le procédé souvent. Il constata que les cataractes liquides se résorbent en 1 5 à 50 jours.
Le père véritable de la discission est Coxradi (1797)^). Au lieu du morcellement brutal du cristallin, il fit l’incision de la capsule antérieure. Au lieu de généraliser erronément cette méthode, il la limita aux cataractes molles et liquides.
Que la méthode n’est point générale, Beeii dut en faire dès 1785 la cruelle expérience.
En Allemagne, au cours de la seconde moitié du 18® siècle, l’abaissement de la cataracte n’avait pas été totalement abandonné. L’homme qui a fait chez nous le plus pour améliorer l’extraction de Daviel, A. G. Richter (1766, 1773, 1793), a toujours laissé, d’après indications certaines, une place fort large à l’abaissement.
Le déplacement de la cataracte prit un nouvel essor lorsqu’on 1785 VON WiELBURG^) mit en place de l’antique abaissement un nouveau procédé, la réclinai son^).
Une aiguille à cataracte lancéolaire est introduite à deux lignes et demie du bord de la cornée de sorte que la pointe de l’aiguille sorte aussitôt entre l’iris et la cataracte. L’aiguille est alors posée avec sa pointe sur le centre de la lentille opacifiée et celle-ci est pressée en arrière et en bas, et ainsi renversée dans le fond de l’œil, que sa face antérieure regarde en haut, sa face postérieure en bas, son bord supérieur en arrière et l’antérieur en avant.