‹ La renaissance de l'ophthalmologieChapitre 14 sur 17 · V. WiLLBüRG-^) crut ainsi conquérir les avantages suivants · texte numérisé non relu

V. WiLLBüRG-^) crut ainsi conquérir les avantages suivants

1 ) La cataracte est plus facile à séparer de ses points d’attache et à abaisser, sans déchirer la capsule ou les corps cristalliniens.

2) La réascension de la cataracte, si elle n’est pas totalement empêchée, devient du moins fort rare.

3] Le cristallin cataracté ainsi récliné ne produira pas facilement des accidents conséquents.

U CoNRADi. Arnemann’s Magazin f. Wundarzneiwissensch., t. I, p. 59-65, n97.

2) V. WiLLBURG, Betrachtung über die bisher gewôhnlichen Operationen des Staares, sammt der Anzeige einer leichtern und verbesserten Art dieselbe zu machen. Nürnberg bei Stein 1785, 62 p., 8°.

3) Reclinatio cataractae veut dire le renversement de la lentille cataractée. Chez les anciens le mot reclinatio indique le repos. Le mot se rencontre pour la première fois chez Ambrosius. (De bono mortis, 3, § 12. — A. archevêque de Milan mourut le 4 avril 397). Du latin du Moyen-Age le mot signifie «inclination>. (Gloss, med. et inf. lat., VII, p. 46, 1 886.) Comp. Wôrterbuch der Augenheilk. de Hirsch- BERG, 1877, p. 89.

4) Le même explique au surplus que la partie de l’humeur vitrée, échappée au cours de l’extraction, est remplacée exclusivement par une humeur aqueuse.

4) Dans ce procédé la cataracte est habituellement déprimée avec la capsule , en conséquence la cataracte secondaire n’est que rarement à craindre.

Joseph Beer^) a reconnu sans réserve ces avantages, dès 1799, et donné la préférence à la réclinaison sur tous les autres procédés de déplacement connus jusqu’alors.

Les plus grandes espérances s’attachèrent à cette réclinaison.

L’Italien Sc.vupa contribua le plus à l’introduire: il la fit avec tant de perfection que l’inoubliable Arlt a donné comme normale en 1874, dans la première édition du Traité de Graefe-Saemisch, la description de Scarpa, en réservant la réclinaison pour les cas exceptionnels où, même de nos jours, un déplacement de la cataracte semblait primer l’extraction.

Scarpa écrit en 1801 en termes concis: «L’expérience se prononce pour la réclinaison.» Il réussit à conquérir les pays romans.

Le brillant Dupuytren de Paris fut le général victorieux, qui jeta bas toutes les résistances, en dépit de Wenzel et de Demours. L’impudent Lczardi, qui avait parcouru l’Italie, l’Espagne et la France, et s’était établi finalement à Paris, rue St. Lazare, n. 1 1 8, ce dont il nous informe dans ses écrits, se rengorge en 1827, en affirmant qu’il a opéré 5034 cataractes par réclinaison, avec 15^ de pertes seulement. La cause de l’extraction y paraissait perdue à ce moment. Le déplacement du cristallin célébra, à Paris comme à Montpellier (par l’aide de Buisson), son triomphe pour ainsi dire incontesté, jusque vers le milieu du 1 9® siècle.

Le domaine allemand était désuni et en proie aux dissensions. Guill. Henri Jul. Buchhorn^) trouva en 1806 la ponction par la cornée, la Kératonyxis^).

Dans son habile thèse doctorale, rapidement échafaudée au milieu du tumulte de la guerre'^), thèse appuyée sur les expériences faites sur le cadavre, sur les animaux vivants, ainsi que sur la littérature, il recommande la Kératonyxis, l’introduction d’une aiguille ronde à arrêt, à travers la cornée pour déchirer la capsule du cristallin, notamment pour les cataractes fluides, molles, caséeuses et Morgagniennes, ensuite pour les cataractes capsulaires et les adhérentes. Ces cataractes sont aussi justiciables de l’extrac-

1) Repert. III. I27.

2) De keratonyxide Diss. inaug. quam . . . die V. Dec. 1806 . . . examini submittit Guil. Henric. Jul. Buchhorn Magdeburgensis. Accedit tab. aenea. Halae Saxon. 4°. (33 p.).

3) De y-Épa; corne et la piqûre, du verbe vûaoew. Nous avons démontré

ailleurs que les Arabes n’ont pas connu la ponction par la cornée.

4) Le 17 octobre 1806, Halle était ravie par les Français. Un ordre de Napoléon chassa les étudiants de l’Université. Buchhorn, à la sollicitation du médecingénéral français Percy, put demeurer en ville comme chirurgien d’un lazaret de campagne français et achever ainsi son travail.

tion et de la réclinaison; mais son procédé convient spécialement aux enfants, aux cataractes congénitales, en cas de fente palpébrale étroite, dans la tendance aux contractions musculaires.

11 se refuse à appliquer la méthode à la cataracte dure et sénile; à travers la cornée il ne veut ni abaisser ni récliner une cataracte.

Au début de 1809, il chercha à divulguer sa proposition en envoyant sa dissertation aux hommes dont le jugement devait être important pour lui. Ce jugement fut favorable^). Le Prof. Langenbeck, de Gœttingue, s’appropria la méthode, l’améliora et l’exécuta sur le vivant. Cela encouragea BucHnoRN à abandonner aux libraires les exemplaires restants de sa dissertation pour en répandre la publication.

En 1 81 1, il publia un second mémoire, plus étendu où il rendit compte des 40 opérations faites par lui sur le vivant. 11 en arrive 3) à présent à étendre l’opération aux cataractes dures; il introduit l’aiguille par la cornée dans la pupille pour récliner la cataracte, si elle est dure; la morceler, si elle est molle.

«De 40 opérations 12 seulement échouèrent^). 3 fois. la résorption ne se fit pas. 7 fois il y eut inflammation (2 fois avec perte de l’œil, 5 fois avec atrésie pupillaire) ; une fois l’opération ne réussit pas, un cas se compliqua d’amaurose partielle.» D’après Büchhorn qui pratiqua aussi les anciens procédés (ponction par la sclérotique, extraction), sa Keratonyxis n’est pas à conseiller pour toutes les cataractes, mais appropriée à la plupart. Elle est avantageusement employée : 1 ) dans les cataractes reconnues fluides d’emblée; 2) dans la cataracte adhérente; 3) chez les enfants; 4) dans la cataracte congénitale; 5) en cas de fente palpébrale étroite; 6) dans la cataracte monolatérale, l’autre œil y voyant encore, et l’opéré pouvant circuler tandis que la cataracte se résorbe; 7) chez des malades faibles, enclins aux convulsions; 8) lorsqu’un des anciens procédés s’est terminé malheureusement sur l’un des yeux; 9) «chez les personnes que l’on ne veut pas exposer aux suites incertaines des vieilles méthodes 5).»

La résorption du cristallin, dont M. Büchhorn exagère la portée, — il croit avoir observé des cataractes fort molles chez des personnes âgées, —

1) Bibl. d. prakt. Heilk. von Hüfeland und Himly, XXIII, 5, p. 354, 4 809.

2) Die Keratonyxis... Magdebourg, 4 84 4 (dédié au Prof. Langenbeck).

3) J’ignore s’il le fit de son propre chef ou encouragé par Langenbeck. Je m’arrêterai plutôt à cette dernière idée.

4) Soit 70 % de réussites. Daviel avait indiqué 88 ’/o % de succès dans sa première communication principale. 11 est singulier que le fait ne soit presque jamais rappelé par les adversaires de l’opération h l’aiguille.

3) Comme à présent pour «le roi d’Angleterre, où le parti de l’opposition, dans le cas d’une issue malheureuse de l’opération soulève le doute : le roi pourra-t-il être encore régent?» Il s’agit de Georges II qui régna de 4 760 à 4 820 et tomba en 4 810 dans une incurable maladie mentale.

duie de 6 a 8 semaines au plus. Après cela on répétera l’opération ou s’adressera à un autre procédé pour éloigner la cataracte. La réclinaison de la cataracte dure est facile avec la Keratonyxis.

Bucbhorn mourut du typhus en 1814. Il ne vit pas le naufrage complet de ses efforts. Dans le principe il célébrait de vrais triomphes.

Conrad J. Martin Langenbeck, professeur d’anatomie et de chirurgie, directeur de l’hôpital chirurgical de Gœttingue, avait repris avec enthousiasme les idées de Buchiiorn; il les avait traduites en faits et vraiment élargies.

Après avoir donné dans sa Bibl. f. die Chir. i) un extrait de la dissertation de Buchhorn^) et fait connaître les premières opérations heureuses, pratiquées par lui-même sur le vivant, il publia en I8H, à Gœttingue, son mémoire triomphant, dédié à l’inventeur Buchoorn: «Expérimentation de la Keratonyxis, nouvelle méthode pour récliner ou morceler la cataracte par la cornée, avec observations illustrant l’opération 3).»

Il déclare que son procédé actuel n’a de commun avec la proposition de Büchborn que la ponction de la cornée, qu’il s’en écarte totalement et est applicable à toutes les espèces de cataractes. Il considère «la question comme étant actuellement entendue.»

Il importe de répondre d’abord à la question: est-il nécessaire de trouver quelque chose de neuf? L’extraction, qu’il pratique souvent, a été abandonnée par lui. Il est souvent difficile d’exécuter une section cornéenne de la grandeur voulue. Prolapsus de l’iris, prolapsus du vitré sont à craindre ainsi que la rétention de masses cataractées caséeuses, surtout l’inflammation subséquente qui dépend de l’entrée de Pair, des pressions sur l’œil, de la pénétration répétée des instruments dans l’œil. Après cette inflammation l’œil se perd le plus souvent. Elle est surtout fréquente chez les goutteux «très nombreux dans notre région.» Chez les agités, chez les enfants, en cas de cataracte adhérente, l’extraction est entièrement à déconseiller.

Langenbeck fut converti à la réclinaison par le mémoire de Scarpa. Il eut beaucoup de succès. Les échecs ne se firent pas attendre. Le traumatisme est trop considérable: il intéresse la sclérotique, la choroïde, la rétine, le corps ciliaire, parfois l’iris. L’œil se perdait souvent après la plus calme et la plus expéditive des interventions.

Il accepta donc avec joie la manière de procéder de Bucbborn. Il se

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