II
Comp. aussi les Gelehrten Anzeigen de Gœttingue, n. 30et31, du 22 février 1810 et rintelligenzblatt der Jenaer Litteratur-Zeitun g, n. 45 et 46, du 1 6 juin 1810.
2) «Ce fut en 1 809 que je cherchai à vulgariser ma méthode . . . par l’envoi de ma dissertation.» Buchhorn, Keratonyxis, 18H, p. 6.
3) 8°, 76 p., avec 2 pl. cuivre. Le mémoire était imprimé, mais n’avait point paru lorsque Buchhorn lança sa seconde publication.
fit construire une aiguille nouvelle i). La pointe aiguë de cet instrument est moins large et plus courte que dans l’aiguille de Scarpa, le col plus étroit, de sorte qu’il n’emplit pas l’ouverture de la cornée. Deux heures avant l’opération on instille quelques gouttes d’une solution de Belladone 2j. La pupille est alors complètement dilatée, sauf adhérences préexistantes, et la blessure de l’iris est impossible. Les deux yeux s’opèrent de la main droite 3).
Langenbeck pose la face conv^exe de la pointe de l’aiguille sur l’ongle de l’index de la main gauche, laquelle tire la paupière inférieure en bas. La ponction de la cornée se fait en bas, toujours un peu au dessus du bord de la pupille dilatée, ainsi une à deux lignes au dessus du bord inférieur de la cornée.
«Je presse la pointe dirigée en haut vers le haut contre la cornée, et j’abaisse en même temps la main, je glisse rapidement l’aiguille à travers la pupille, et pose la face convexe, si la cataracte est solide, contre la capsule antérieure, lève le manche et abaisse la pointe de l’aiguille. Par cette manœuvre la cataracte est réclinée de sorte que le bord supérieur devient le postérieur . . . S’il s’agit d’une cataracte lactescente ou caséeuse ou membraneuse, on la morcelle autant que possible et attire les fragments divisés avec l’aiguille dans la chambre antérieure ... La résorption se fait aussi dans la chambre postérieure . . . Tout ce qui se trouve dans la chambre antérieure, est infailliblement résorbé en 8 à 15 jours^j ... En cas d’adhérence on fera plutôt une pupille artificielle . . . Ponction, passage à travers la pupille et abaissement ne font qu’un moment ... En cas de morcellement, j’instille dès le 2® jour qui suit l’opération, quelques gouttes de la solution de Belladonne chauffée. Les avantages de la Keratonyxis sont les suivants: on ne blesse qu’une membrane. L’œil suit constamment l’aiguille . . . On peut mieux fixer l’œil avec l’aiguille ... On peut plus aisément retourner la cataracte dure et mieux morceler la cataracte molle. On peut opérer des enfants. L’opération peut être répétée.»
De 28 yeux opérés par Keratonyxis, un seul se perdit. (Toutefois deux fois l’opération n’aboutit pas. Il fallut procéder dans l’un des cas à l’excision de l’iris et dans l’autre recourir aux aiguilles-ciseaux de Weinholu).
-l) Elle ne peut être établie que par Rein, à Gœttingue, sous le contrôle de Langenbeck! Prix 16 groschen.
2) Extract. Belladonn. 3j} = 0,5
Aq. dest 5iî = 15,0 :
«plus actif que l'Extr. Hyoscyami.»
.'l) «Qui n’opère pas de préférence de la main droite?» — Langenbeck n’était donc pas ambidextre.
4) De telles affirmations sont étranges. Elles contredisent toutes nos expériences.
En 1819 le Prof. La.xgenbeck i) déclare qu’à cette époque l’extraction est si bien abandonnée pour la dépression et la Keratonyxis, qu on ne voit plus d’imprimés que de ces deux dernières; lui-même en tous cas n’a pas pratiqué seulement la Keratonyxis, mais il a fait avec succès des extractions et des réclinaisons par la sclérotique.
^ Son collègue Coarles Himly2)j professeur de médecine et directeur de l’hôpital académique de Gœttingue, émet le jugement, borné en 1816, qu’il est conforme à la raison de ne pas extraire en règle générale la cataracte, mais de la récliner. Il prétend n’avoir, sur 50 réclinaisons, perdu que deux yeux, tandis que la statistique de l’extraction est beaucoup moins favorable 3).
Il en fut autrement à Berlin, où G. F. Graefe, le grand père d’un plus grand fils, pratiquait l’extraction et abandonnait l’aiguille aux chirurgiens peu adroits. Mais son élève et successeur Jüngken a en quelque sorte survécu à lui-même en retournant dans ses vieux jours à la réclinaison, qu’il nous vantait encore à l’époque où j’étais étudiant (1 864) et qu’il exécutait. J’ai vu les tristes fins de quelques unes de ces opérations à l’époque où j’étais assistant de Albrecht de Graefe.
L’école autrichienne — Joseph Beer avec son beau fils, Frédéric Jager et son petit-fils, Édouard Jager, avec ses élèves directs et indirects Rosas, Fischer, Arlt et H.asner — peut revendiquer le grand mérite d’avoir aidé à la victoire définitive de l’extraction sur le déplacement de la cataracte. Son enseignement, son exemple, répandirent l’extraction non seulement en Allemagne, mais la ramenèrent en France et l’introduisirent en Angleterre et dans les autres pays civilisés jusque par delà l’océan.
Jules Sicoel (1802-1863) de Francfort s. M. , un disciple de l’école autrichienne, assistant de Fr. Jager, fonda à Paris, en 1832, la première clinique oculistique et devint le grand père de la nouvelle école française d’ophtalmologie. On peut désigner comme le père de cette dernière son élève Desmarres. Le premier livre de chirurgie oculaire paru au 1 9® siècle à Paris est dû à Deval (1844) et écrit «d’après F. Jager et Rosas.»
Le premier traité d’ophtalmologie, qui fut conçu et imprimé aux États-
D Neue Bibl. f. die Chir. u. die Ophthalm. éd. par C. J. M. Langenbeck, II, 2, p. 177, et 181, 1819. «Je ne suis pas le seul à être entiché de cette opération . . . Récemment j’ai fait ça et là une expérience qui n’était pas pour me plaire . . . l’inflammation de la membrane séreuse est survenue.» II, 418.
2) Die Krankh. u. Missbild. des menschl. Auges (éd. par son fils, 1843, II, p. 321).
3) Il commet ici une erreur incompréhensible: «De 206 extractions de Daviel 148 seulement réussirent.» Mais on lit dans Daviel: «Deux cents six opérations, dont cent quatre vingt deux ont réussi.» 182 au lieu de 148! Une diiïérence considérable. Himly cite le tome V (sans le chiffre de la page), ainsi l’édition in 12°; mais cette dernière a inséré les chiffres vrais (p. 382), en lettres.
Unis, fut celui de E. Fhick, de Baltimore (1 824), établi «principalement d’après l’enseignement et la pratique du professeur Beek.»
Tout déplacement d’une cataracte, dure en totalité ou en partie, représente pour Beeu une guérison apparente, une cure palliative. Une dissolution de la cataracte ne s’opère jamais dans le vitré. Après 20 ans il a retrouvé la lentille diminuée de volume, avec ou sans capsule, en faisant l’examen anatomique de l’œil opéré. Après trente années il a vu la lentille réclinée remonter.
On ne possède guère de statistiques exactes sur les suites de l’abaissement ou de la réclinaison de la cataracte à cette époque. On sait toutefois par la dissertation inaugurale de En. Jager (de l’année 1844) que Fr. Jager, pour 728 extractions à lambeau, eut 32 échecs, soit pour 129 réclinaisons, 21 échecs, soit 16^. Ed. Jager lui-même rencontra, pour 1 1 4 extractions à lambeau, 7 échecs, soit 6 % ; pour 82 réclinaisons,
12 échecs, soit \i%. (Star und Star-Oper., 1854). Fr. Arlt eut à constater Traité 1853), pour 541 extractions à lambeau, 41 échecs, soit pour 82 réclinaisons, 14 échecs, soit 16^.
Rivaud-Landrau (de Lyon, Ann. d’ocul., LXVII, 1862) eut en 20 ans (1840-1860), sur 2073 extractions à lambeau, 201 échecs, soit 10^; il consigna 50 échecs pour 177 réclinaisons, ce qui fait 2 9 11 termine par
la remarque qu’il a renoncé à ce dernier procédé et ne l’emploie plus qu’exceptionnellement.
11 s’est néanmoins trouvé des auteurs pour déclarer qu’on n’observait ici que 50^ de résultats durables.
Apparition de De Graefe.
Lorsque furent accomplis les temps favorables à la réforme de l’ophtalmologie, vers le milieu du 1 9® siècle, l’idée généralement admise, sauf dans l’exercice de l’art par quelques hommes fantasques, se rapportait pour la cataracte complète à- l’extraction avec la classique section en demi-cercle; pour les cataractes incomplètes et molles la discission et le morcellement étaient admis.
Une extraction à lambeau parfaitement réussie représente une des merveilles de la chirurgie. La cicatrice est à peine visible ou ne l’est pas à l’œil nu, moins perceptible en tous cas que l’arc sénile; la pupille est ronde et mobile; tout au plus le plan de l’iris, de par l’absence de la lentille, est un peu affaissé en arrière et l’iris un peu trémulant dans les excursions de l’œil; l’acuité visuelle, avec le verre à cataracte qui vient remplacer la lentille cristallinienne extraite, est excellente et suffisante pour tous les actes de la vie, fût-ce pour exécuter l’opération de la cataracte elle-
même! Ce résultat parfait et idéal n’était malheureusement acquis qu’en 50 % des opérations. Souvent par prolapsus et enclavement de l’iris, la figure et l’action de la pupille était altérée, souvent la cicatrice était plus large et proéminente, souvent la vision médiocre.
Le côte très épineux de la question était la triste issue de certaines opérations, notamment la suppuration complète de l’organe: entre les mains d’un nombre inouï de chirurgiens, môme de ceux qui avaient derrière eux les centaines, les milliers de cataractes opérées par eux, le chiffre s’en élevait à peu près à 10^ des cas^).
Il était réservé à un petit nombre d’élus seulement, de réduire le chiffre des pertes à 6-7 % grâce à des instituts (privés) favorablement installés, une adresse manuelle supérieure et d’inlassables précautions.
Nul n’essayait d’apporter une modification réelle à cette section à lambeau, sanctifiée par l’expérience de tant de maîtres. La section fut néanmoins déplacée au bord supérieur de la cornée éventuellement par Wenzel, régulièrement par Pamard, en 1784, et d’une façon générale par Fr. Jager en 1825, et par Rosas, en 1830, pour réaliser une meilleure fermeture de la plaie par la paupière supérieure.
Une diminution de l’étendue de la plaie, on n’osait pas y songer: de bonne heure on avait tenu la chose pour une faute des plus pernicieuses, capable d’entraîner une sortie en masse du corps vitré et un échec complet de l’opération ; le cristallin durci ne peut sortir aisément que par une plaie suffisamment large.
A. DE Graefe survint. Après quelques tâtonnements poursuivis par luimême et par ses élèves, notamment par Mooren, de Dusseldorf, qui avait, en 1864, en s’appuyant sur les résultats de l’iridectomie préparatoire de DE Graefe, introduit cette dernière et réduit ses chiffres de perte de 11 à 3 1/2 % j après les recherches de J. Jacobson, de Konigsberg, qui déplaça la section dans le liséré scléral (1 863), en l’associant à l’iridectomie et à la narcose chloroformique profonde et n’eut plus à enregistrer que le chiffre fort bas de 2^ de pertes au lieu de 1 0^ ; après que Bowman et Critchett eurent élevé au rang de méthode générale, et pas toujours pour le profit
Daviel
eut
en
extractions
% de
Roux
SiCHEL
Rivaud-Landran
Pagenstecher
Rüte
Mooren
Fr. Jager
Ed. Jager
Arlt
A. DE Graefe
des malades, la méthode linéaire niodifiée') de A. de Gkaefe primitivement destinée aux seules cataractes molles^), alors, en 1866, A. de Ghaefe, fit connaître sa nouvelle section linéaire périphérique: elle conquit aussitôt le monde et, comme dans une marche triomphale, elle eut le concours du cœur et des mains de tous les oculistes.
Toujours j’aurai présent à la mémoire comment, en 1 867, à la clinique du maître, les collègues de Berlin et des villes voisines, ceux de tous les états civilisés de l’Europe, ceux venus de l’Orient et d’au delà des mers, affluèrent pour venir apprendre le procédé par leurs propres yeux et l’adopter.
Le congrès ophtalmologique de Paris, en 1 867, la réunion des oculistes à Heidelberg, en 1868, fournirent l’approbation sans réserve du vieux maître Arlt, de Knapp, Rotumund, IIoiung, Nagel, Hornee, de G. Gritchett, de SoELBERG- Wells de Londres, d’EnouARD Mever et L. Wecker à Paris et, ^ ce qui parut particulièrement important, de Mooren ainsi que de Jacobson^], , qui préféra le procédé de de Graefe au sien propre.
A. DE Graefe avait frappé juste en évitant l’inutile entrebâillement de la section en demi-cercle. 11 se demanda ce qui correspondait sur la surface sphérique du globe oculaire à la Section en ligne droite, si prompte à guérir lorsqu’elle passe par les surfaces planes du corps. 11 reconnut naturellement que sur une sphère le chemin le plus court entre deux points est représenté par la plus petite des deux parties appartenant à la plus grande circonférence de la sphère passant par les deux points. 11 accomplit à l’aide d’un couteau inventé par lui, en forme de brin de paille, étroit et pointu, une section quasi linéaire de quatre lignes et demie de long, touchant au sommet de la cornée. Pour la couvrir un étroit lambeau de .■ la conjonctive bulbaire, adhérant à la lèvre inférieure de la plaie, est com- ' pris dans la section. Le secteur correspondant de l’iris est e.xcisé, la capsule ] cristallinienne ouverte avec un minuscule couteau coudé et le cristallin opaque, expulsé par une légère pression, exercée par une spatule de caout- , chouc, sur la ceinture marginale inférieure de la cornée. i
L’opération se faisait généralement sans anesthésie et avec une fixa- ■’ tion constante du globe, pendant les quatre actes opératoires, à l’aide d’une pincette perfectionnée (pince à fermeture) et d’un blépharostat trouvé en i Angleterre. S
Le fait est indéniable : l’introduction du procédé de de Graefe amena -J chez la plupart des oculistes une réduction des pertes de l’œil. Leur chiffre j
G «Modifiée» signifiait alors «associée à l’iridectomie.»
2) Section à la lance au bord supérieur de la cornée, excision de l’iris, issue du cristallin incisé avec une cuiller.
3) Arch. f. Ophthalm., XIV, -1868.
tomba de 10 à 5^. Les suppurations si désastreuses du globe oculaire furent ramenées à 2-3^. Une courte revue statistique établit le fait:
eut pour
A. DE Guaefe Mooren » »
Knapp » »