‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 15 sur 127 · JEAN CLOUET PÈRE · texte numérisé non relu

JEAN CLOUET PÈRE

L'histoire des arts en France et plus particulier rement Thistoire de notre ancienne école de peinture est entièrement à faire. Je n'en donnerai pour preuve que les catalogues de vente qui se publient tous les jours et qui attribuent à François Clouet, dit Janet , tous les portraits qui ont été peints de ce côté du Rhin et des Alpes, depuis François I" enfant, en 1 500 , jusqu'aux personnages de la cour de Louis XIII en 1620, c'est-à-dire dans un espace de temps comblé à peine par quatre générations de peintres. Si Messieurs les experts patentés étaient seuls coupables de cette ôonfusioti , je n'en tirerais aucune conséquence, la salle des commissaires-priseurs ayant ses immunités et ses exigences; mais le musée du Louvre, qui devrait servir de guide au plus grand nombre, met à tort et à travers sous les œuvres les plus disparates , le nom de Janet accolé à celui des personnages qui sont le moins contemporains ' ; M. Niel, l'auteur d'un très-bon recueil de crayons , et qui montre dans ses notices la passion

I. Ceei est écrit depuis quatre ans, et était encore josie il y a pea de jonrs, an moment ott les galeries ont été fermées. Mais nn nonrean classement se prépare, et, Men qne j'ignore qoelles sont les intentions de l'administration , je ne doote pas qne cette partie si intéressante de notre collection ne subisse, comme tontes les antres, d'importantes modifications.

(le rartis(« alliée à la critique éteadue du vrai codnaisseur, n'en sait pas plus à cet égard que M. Feuillet de GoDches qui , de son côté, cherche avec un zèle louable à porter quelque lumière dans nos collections de portraits historiques. Ils s'efibrcent tous les deux de rapporter à un seul Janet ce qui appartient à trois peintres du même nom, lant il est vrai que c'est le droit, au moins l'habitude des grands hommes, de tirer ainsi à eux la couverture des hauts faits, des bons mots et des rfieilleurs tableaux. Avec Hercule et le prince de Talleyrand, Janet partage cette tyrannie de l'accaparement. Luttons contre elle ; et puisque la critique , avec ses règles sages, a été donnée au xl^* siècle en compensation du génie qui lui est refusé, nsons-en pour établir sur une base sérieuse les fondements historiques de notre école de peinture.

On concevrait, au reste, au sujet des Janet, l'ignorance dans laquelle on se complaît, s'il s'agissait de peintres médiocres on de célébrités de second ordre ; mais chacun sait que ces grands artistes font la gloire de notre école, et que Jean Clouet, le second des Janet, peut être placé sans désavantage à côté d'un homme de la taille de Jean Holbein ; enfin on n'ignore pas qu'au milieu du xvi* siècle, après que Léonard de Vinci, Andréa del Sarto et le Primalice avaient montré en France ce que peut la puissance du génie associé à la hardiesse de l'exécution, Français Clouet, le troisième des Janet, avec sa

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inaDière simple et sod faire précieux , était encore* admiré de tous, recherché par nos rois^ chanté par Ronsard et sa pléiade.

Dès le xvu^ siècle, un nuage avait passé sur cette célébrité, non pour l'obscurcir, mais pour la couvrir de ce vague légendaire qui semble appartenir seulement aux artistes d'une antiquité reculée.

L'abbé de MaroUes, ce passionné collecteur, qui en 1 666 avait une collection de 1 23 ,400 estampes ' ; et en 1 672, six ans après, pouvait présenter au public une nouvelle collection non moins nombreuse et qui comptait 1 0,500 dessins^ ; l'abbé de Marolles qui promettait alors un ouvrage dans lequel il écrirait la vie et décrirait les œuvres de huit mille personnes de diverses nations qui ont eœcellé en Fart de portraiture f de peinture et de sculpture; l'abbé de Marolles, moins habile érudit que collecteur heureux, ne connaissait qu'un seul Janet, le troisième, qu'il élève, il est vrai, à la hauteur et au rang qui lui appartiennent ^, mais qu'il confond avec les deux autres.

Mariette, le meilleur connaisseur de son temps et

4. « J'ay recueilly cent Tiogl-trois mille quatre cent pièces, de plus de six mille maisires» en qnaire cent grans Tolomcs, sans parier des petits qui sont an nombre de pins de six vingts. • Page 13 da Catalogue de livres, d'estampes el de figures en taille donce. Paris, io-4o, 4666.

a. Voir le Catalogue de livres d'estampes el de figures en taille douce fait à Paris en l'année 167a, par M. de Marolles, abbé de Villeloin. Paris, in-ia, 4673.

3. ■ Il y a beaucoup de dessins en crayon de la vieille cour et parUcnlièreuicoi des règnes de Henry U et de ses enfans, de la main de François Janet, ce peintre si fimenx qu'a tant célébré dans ses vers le poète Ronsard, parmi plusieurs autres où il s>n voit aossi des dues de Bourg.mgne vestus et dépeints d'une manière antique. » Page 5 du Catalogne de 1672.

qui sera longtemps le modèle des vrais amateurs , était pour ainsi dire obligé de connaître les Janet , et pour se guider dans ses acquisitions et pour guider les autres, soit dans les notices qu'il ajoutait à TAbecedario pittorico ' , soit dans les notes dont il enrichissait le guide des étrangers dans Paris, par Garmain Brice. Que nous révèle Mariette? rien, si ce n'est rignorance profonde dans laquelle on était tombé sur ce point particulier de Thistoire de notre école de peinture ^.

M. Alexandre Lenoir, (je prends ainsi en suivant Tordre des temps et du mérite, les trois hommes qui, avec le plus de passion pour les arts, pour les collections, pour les recherches érudites, ont été le plus à portée de voir, d'acquérir, et de savoir^), M. Lenoir avait réuni un grand nombre

1. L'Abcedario pUtorico, dall* aatore ristampato. Bologoa, iii-4o, ni 9. On sait que Mariette avait interfoHé son exemplaire pour y ajouter des notices et en faire la base d'an dictionnaire des artistes. Ce travail n'était pas très-avancé, mais ses rares notices ont, dans lenr concision, nne autorité et nn nerf qui supposent beaucoup de connaissances et assez de recherches. Ce volume se trouve à la Bibliothèque nationale, cabinet des Estampes.

2. L'Abecedario s'exprimait ainsi en copiant Félibien : ■ Janet Tu pltlore del Re Francesco 1 et II, dipinse a Fontanablo vaij riiratti tra i quall veggonsi quelli dei suoi due monarchj; era excelente ancora in miniature. » Mariette ajoute : « Janet : Son, nom était François Glouet et Janet son surnom Fur sa médaille que j'ai, il est nommé JEHANNET CLOVET PIGTOR FRANC. REGIS, et il faut s'en tenir li, >

8. J'aurais cité Félibien si j'avais voulu citer tout le monde. L'estimable auteur des Entretiens sur la pie des peintres^ dont la première édition parut in^o en 4M6, était lié avec Le Poussin, qu'il connut à Rome en 4647; il a beaucoup cherché avant de publier son ouvrage, et cependant voici tout ce qu'il a trouvé sur le compte desClouet avant l'incendie des archives de la Gourdes comptes, avant les pillages de 93, avant la vente au poids des comptes royaux, vente frauduleuse qui s'est faite en plein midi il y a peu d'années : ■ Il y avoit encore alors Janet, qui faisoit fort bien les portraits. On voit à Fontainebleau les portraits qu'il a faits de François I et de François II, et dans la bibliothèqne de M. le président De Thon , il y en avoit plusieurs des principaux seigneurs qui vivoient en ce temps-là. Il travailloit également bien en huile et en miniature. • Tome III, p. 418, éd. ln-42.

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de peintures, de miniatares, de crayonset d'émaux ', et il attribue le tout à ud Janet^, sans s'arrêter aux époques diverses où vivaient les personnages représentés dans ces portraits , sans tenir compte des manières de peindre qui trahissent des mains différentes.

Citerai-je ensuite l'article de Glouet dansle Dictionnaire des artistes de M. Nagler^, et m'étonnerai-je des quatre petites lignes consacrées à ce peintre distingué dans un ouvrage qui n'aura pas moins de vingt-cinq volumes? Non, sans doute ; l'ignorance de M. Nagler, à ce point saillant et important de l'his^ toire de notreécole , n'est pas plus condamnable que celle dont font preuve MM. Waagen ^, Passavant ^ et Kugler ^ dans leurs excellents ouvrages. Il appartient

I. M. Lenoir semble avoir ea dans les mains deax collecUoos de portraits attribués à Janet ; l'uie , qai loi appartenait, flgore sor son catalogue de vente et a passé des mains dn marctaaod d'estampes Goinaghi dans l'admirable hôiel du dac de Suthcrland k Londres (j*en parle plus loin); l'aotre, qai provenait des confiscations rérolutkmnaires de 1793 et qn'il envoya an Lonvre, n'est décrite nulle part et semble avoir été nombreuse. (Voir i b fin de cette Notice plus de détails.)

S. • Janet, peintre de portrait, particallèrement attaebé k la cour de Henry II et k celle des rois ses fils. • Tome lY, p. 84.

3. Nagler : Nne* AUgememei IilMl/0r/«x<r0ii.Hftnchen, in-8o, 483S*I850.

4. François Glouet, dit/ane/, florissaii de 1540 à 1860. Kunttwerke und KûiulUr inPêrii, von Dr G. P. Waagen. Berlin, in- 13, 1839, p. 638.

5. Passavant : Kunttreûe durek Engtand iwtf Belgien^ Frankfurt, iu-8o, 1833. Il décrit les tableaux dn château d' Altborp, et dit des portraits de Janet : • Es sind dièses z war intéressante Portraite nnd nicbt ohne eioe gewisse Feinbeit in der Ausffthrung, docii ohne tiefe Anffassong. > Si ces portraits manquent de profondeur dans le sentiment, ils ne sont pas de Jean Clouet, mais il ne faut pas atucher beaucoup d'importance à cette observation; M. Passavant, lors de son voyagea Paris, a mieux apprécié les qualités et les mérites des peintres français du xvie siècle. Dans ce premier voyage en Angleterre, il ne les connaissait que par les préventions qui ont cours eu Allemague.

6. D. F. Kogler : Handbuck der Gesehickte der Malerei. Dcrlin, in-8o, 1847, t. Il, p. 333. L'estimable anteor de cet ouvrage a fort bien résumé en deux volumes toute l'histoire de la peinture, mais il ne pouvait tout dire dans ce petit espace, comme il n'a pu tout voir dans ce vaste domaine. Il semble ne connaître l'école française qne par l'ouvrage de M. Waagen cité plus liant.

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à chaque nation de fournir sur ses propres artistes des renseignements positifs qai permettent à l'historiea d'appuyer sur des faits fies conjectures, ses appréciations, ses rapprochements, et de former avec la foule des esquisses partielles, faites sur place, le tableau d'ensemble qu'il résume dans sou cabinet.

Dans l'histoire de l'art, les généralités ne sont plus permises, on en a abusé; les phrases sont faites et toutes faites, Dieu le sait. Que reste>t-il à faire? des recherches sérieuses et de détail pour donner à chaque assertion son caractère, à chaque ôgnre sa physionomie, à chaque homme sa place.

Parler des Janet, chercher la source de leur talent et définir lear manière, c'est remonter aux origines de notre école de peinture et en tracer non pas les premiers commencements, mais tes plus brillants progrès.

LaFrancen'a eu que passagèrement au xni'= siècle ce don créateur qui dans les arts constitue une grande influence et qui forme pour l'histoire ce qu'on appelle une école. L'Orient, la Grèce et l'Italie ont été le berceau et conserveront le privilège de cette puissance créatrice qui semble une émanation du soleil et s'entretenir à travers les générations dans la chaleur fécondante de ses rayons. Mais en dehors et à côté de ces grandes facultés existe un don plus modeste , des qualités exquises et rares, auxquelles les Flandres ont dû la puissance de faire une révolution dans les arts à la fin du xiv* siècle, et qui ont permis

à la France d'abord, à rAIlemagne ensuite, à TËspagne en dernier lien et à l'Angleterre presque de' nos jours, de se former une manière, de se créer une école; manière, école, que le génie des arts n'a pas inspirées, mais qui sont pour chacune de ces nations comme l'émanation de leur nature et comme l'expression, dans un idiome particulier, des sentiments et des instincts qui leur sont propres. En un mot, c'est pour chacun de ces pays un langage national , ayant plus ou moins de force, se prêtant dans une certaine mesure à l'éloquence, et suffisant au moins à chaque peuple pour se comprendre luimême.

Les qualités qui distinguent la France sont la clarté en tout, dans le coloris comme dans le dessin, dans reiïet comme dans la composition; la poésie fait place à l'imit^on positiye,et donne en compensation la grâce et quelquefois la vie. L'Allemagne cherche le sentiment, et quand elle ne le trouve pas, elle rexagère, cachant sous une naïveté étudiée beaucoup de prétentions impuissantes. En Espagne, l'art a un beau parler, entaché toutefois d'idiotismes flamands et italiens. Quant à l'Angleterre, la langue des arts y est aristocratique comme ses habitudes, dégingandée comme ses habits et ses tournures, et je ne sais vraiment où ses peintres ont cherché, où ils ont parfois trouvé la couleur. L'espace me manquerait pour rechercher en dehors de l'Italie, et à ce second rang dans rhisloire de l'art, les grands efforts isolés, les

succès partiels des différentes écoles (si école il y a). Voyons y en peu de mots, au milieu de quelles circonstances la France forma la sienne. Raconter ses plus éclatants succès, ce sera parler des Janet.

Une étude patiente^ guidée par une critique sévère y prouve , sans contestation possible , que la France surpassait au xiu* siècle toutes les autres nations dans la pratique des arts : achitecture , sculpture, peinture, vitraux, émaux, orfèvrerie; nous n'avions de rivaux qu'en Italie et de maîtres qu en Grèce, où se conservaient, au moins dans la pratique, les grands errements de Tantiquité. Cette assertion n'est pas une vaine prétention patriotique, c'est un , fait que prouvent les monuments de cette époque et qu'atteste le témoignage des contemporains. Pour ne parler que de la peinture, nous dirons que, soit par le concours des artistes étrangers attirés par le luxe de nos cours et la générosité de nos rois et de nos princes, de nos seigneurs etde nos abbayes^ soit par le talent de nos artistes nationaux, elle avait atteint dans tous les genres une perfection remarquable , perfection relative sans doute, mais qui n'en est pas moins un titre de gloire, et dans l'histoire des arts un fait notable. Le caractère de cette peinture, en laissant de côté Tinfluence byzantine dont elle était encore entachée au xiii* siècle, était la force, l'abondance, l'entente générale de la composition, une grande finesse dans les expressions, une netteté remarquable d'exécution. Un siècle plus tard , l'in-

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flaence byzantine disparaît, Timitation du type fraoçais prend le dessus, Tétude du corps s'est améliorée, et cependant les attitudes et les tournures ont conservé de la simplicité , de la grandeur. La couleur, dans sa vigueur et dans son harmonie, a un carac* tère particulier de clarté argentine qu'il importe de distinguer, parce qu'il permet d'établir une ligne de démarcation précise entre Tart français et Tart de nos habiles voisins, bientôt nos rivaux , les Flamands. Parcourez nos anciens musées de peinture , j'entends nos églises à verrières et nos manuscrits à miniatures, les révolutions du goût et de la politique ne nous ont laissé que ceux-là , iet vous serez saisis par cette physionomie française, par cette différence caractéristique.

C'est aux frères Van Eyck que nous dames de sortir entièrement des voies conventionnelles. Guidés par ces puissants talents^ nous adoptâmes leur principe , rimitation de la nature et leurs moyens matériels si habilement perfectionnés, la peinture à l'huile. Les Flandres étaient alors, par le voisinage, par la parenté de leurs souverains et des nôtres, tout aussi françaises que la France, plus françaises que la Bretagne et la Guienne. Leur industrie merveilleuse , leurs richesses exubérantes, le luxe de leurs princes et les malheurs qui bientôt frappèrent la France , durent rendre plus puissante encore cette influence. D'ailleurs, à la fin du xiv* siècle, où trouver d'autres modèles? L'Italie sommeillait encore

au milieu des trésors amoncelés par l'antiquité; TEspagne, T Allemagne et TÂngleterre n'avaient pas un artiste de valeur ; nous suivîmes les Flamands dans leur résurrection surprenante , mais nous les suivîmes en faisant quelques réserves qui nous permirent de rester Français dans nos imitations. Copier la nature , la prendre sur le fait^ c'était pour nos voisins reproduire un type un peu court, un peu rougeaud y un peu vulgaire; appliquer ce prin* cipe en France , c'était, même dans le système d'imitation serviie,. rendre un type plus élancé de forme , des carnations plus mates de ton , une nature en un mot plus pure et plus noble. Si vous ajoutez à cette difTérence matérielle, une disposition particulière à rechercher l'élégance , une tendance attique dont je ne recherche pas ici l'origine, dont je constate le pouvoir sur nos goûts, à travers les siècles, vous aurez l'explication et la mesure de ce que fut l'art français au milieu de l'influence flamande.

Dans ce premier moment d'engouement général, les élèves des Van Eyck vinrent en France avec leurs tableaux; on achetait ceux-ci, on enrôla bientôt ceux-là ; nos rois et nos princes eurent des artistes flamands attachés à leur personne , composant pour eux des tableaux d'église, des cartons de verrières et de tapisseries, peignant leurs portraits, illuminant leurs manuscrits.

Il faut placer à cette époque l'arrivée en France

du peintre Jean Glouet, qui signait encore en 1475 la quittance suivante pour travaux commandés par le duc de Bourgogne ' :

(c Nous Jehan Cloet painctre, Henry Bonem charpentier et huchier, demourans à Brouxelles , con* fessons avoir receu la somme de trente sept livres quatre sols quideue nous esloit pour plusieurs parties par nous faictes^ vendues et livrées en ce présent mois de septembre , assavoir : à moy, ledit Jehan Cloet pour la paincture de vint six pans de paveillons , où a eu chacun pant y deux fenestres atraillé de rubans que icellui a fait faire par un Ita* lien, assavoir pour la poinclure desdites fenestres , painctes à deux lez dedans et dehors et chacun pan une cresle de fin or et deux ymages de sains , armoyez aux armes de mondit seigneur de ses pays et de plusieurs autres ses alyés , au pris de vingt quatre sols — chaque fenestre , par marchié fait avec moy par ledit receveur de Tartillerie en la présence de Jehan Hannekart, painctre de mondit seigneur, qui a veu et visité Fouvrage , ensemble une teste dorée à quatre fusils d'or montés et qu'il m'a esté payé comptant xxxi liv. un sol — le iv* jour de septembre, Tan mil cccc lxxv. »

Je suppose que ce peintre, établi à Tours, centre

4. Je passe rapidement sur les circonstances qai entonrent la vie de ce peintre, je rentoie il l'Histoire des dacs de Bourgogne où celle quillance a déjà paru avec des renseignements snr le peintre Hennecart, et an ensemble de recherches sur les arts an XT« siècle. Dans cet ouvrage la quiltaucc de Cloel porte le numéro 4044.

actif de la France, véritable capitale de la cour, partagea avec ses compatriotes la protection que les artistes italiens sollicitaient déjà , mais qu'ils n'obtenaient que rarement. Vers 1485, ce Jean Clouet eut un fils qu'il appela comme lui Jean, et auquel il transmit son talent , plus de talent qu'il n'en avait lui-même, et je ne sais quel sentiment superstitieux de fidélité religieuse aux traditions nationales. Peutêtre que l'élève de la grande école des Van Eyck aura appelé son fils à son lit de mort pour lui demander ce serment. Quoi qu'il en soit, le jeune Jean Clouet ne dévia pas des errements paternels , et cependant il était peintre du roi François I^' en 1 528, en pleine renaissance italienne.

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