‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 16 sur 127 · JEAN CLOUET FILS · texte numérisé non relu

JEAN CLOUET FILS

Si vous ouvrez le compte des dépenses royales pour rannée 1 523, vous trouverez dans la liste sommaire des officiers de la cour, l'article suivant :

(c A Jehannot Clouet paiiitre — 40 livres. »

Voici le titre de ce compte et Tarticle plus détaillé qui concerne Jean Clouet :

« Copie du RoUe et estât des officiers de l'hostel du roy pour Tannée commençant le premier jour de janvier mil y"" vingt deux et finissant le dernier jour de décembre ensuivant mil v*" vingt trois'.

<c A Jehan Clouet, painlre, et varlet de chambre ordinaire du Roy pareille somme de deux cens quarente livres tournois, a luy ordonnée par ledit seigneur et son dit estât pour ses gaiges de Tannée escheue le dernier jour de décembre mil v" vingt trois. »

Ainsi Jehan Clouet était, suivant cet acte, peintre du roi dès le mois de janvier 1 523 , et si , dans le

I. Poor ériter les notes et les renvois, je n'indiquerai pas les noméros de la Bibliothèque nationale oo des Grandes ArchWes soos lesqnels sont placés ces docoments ; nais eomme on troovera à la fin de cet ouvrage le eatalogoe général des pièces, actes et docnnenls que j'ai recneillis et extraits, rien ne sen pins fiieile qoe d'y recourir.

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progrès de mes recherches, je parviens à trouver la date précise et Tordonnance de sa nomination, elles ne reporteront pas beaucoup plus haut son entrée dans une charge qu'occupait encore en 1513 le peintre Jehan Bourdichon auquel il succéda , devenant ainsi et avec égalité de traitement la collègue de Jean Perreal dit de Paris Ml fallait qu'il jouit déjà d'une grande réputation pour qu'on le nommât à cet emploi, et qu'il se fût acquis par ses manières et son savoir-faire une certaine faveur pour obtenir le litre de valet de chambre, titre sans fonction qu'on ambitionnait parce qu'il permettait d'approcher et de suivre le roi.

Peintre en titre , Jean Clouet devait faire tous les portraits officiels ; je crains que les pourtraictures* non déclarées, mais payées par les articles sui* vants^ n'aient un caractère plus ofQcieux qu'officiel, plus mystérieux que public*

a A maistre Jannet Clouet painctre et varlet de chambre ordinaire du Roy nostre dit seigneur, la somme de cent deux livres dix sols tournois pour îa valleur de cinquante escuz d'or solleil a xli s. pièce, a lui ordonnée par ledit seigneur sur plus grande somme qui luy a esté deu pour plusieurs ou-

I. Voir poar ces artistes le cliaplire saivnt, ioiiiolc : Peinire* eu iitre d'office» S. • Dans la porlraiiare, écrivait Gomeille, il n'est |as qoestiOD si un visage est beao, nais s'il ressemble. ■ Voltaire commente : « Portraitore, est on mot sorauné el c'est dommage; il est nécessaire : portraitare signifie Tart de faire resseiBl»ler ; on emploie aigoard'hni portrait poar exprimer l'art et la diose. Portrairs est encore M mot ■éeessaire qoe nous avons abandonné. ■ Il y a pour les mots comme poor les modes nn va-et-vieni continuel. Noos reprenons le vienx, c'est faiie du nenf.

LES TROIS CLOUET. i5

vraiges et pourtraiclures qu'il a cy-devant faictes de son mestier et faict encores présentement pour le service dudict seigneur et desquelz ouvraiges et pourtraiclures ledit seigneur na voulleu estre cy autrement declairées ne spéciffiées. De laquelle somme de Cij liv. v s. ledit trésorier a faict payement audit maistre Jehannet Glouet — le sejziesme jour de janvier Fan mil cinq cens vingt huit, >> (1529.)

Je laisse de côté toutes,les suppositions autorisées par ce mystère , je remarque seulement les variations de nom de baptême de Glouet ; là Jehannot^ ici Jehannet. Nous allons voir disparaître le nom de Glouet et se former définitivement ce sobriquet qui nous poursuit encore , ce Glouet dit Janet.

ce A maistre Jehannet, Tun des painctres du Roy N. S. pour plusieurs portraicts et effigiees au vif qu'il a faictes pour le service dudict seigneur et selon le devis et ordonnance dudit S. — xli liv.

« Et xli liv. à Loys du Moulin qu'il a payées de ses deniers pour ses postes et sallaires d'un voyaige par luy faict en dilligenceet sur chevaulx de poste, en ce présent moys de mars, partant de Bloys, allant à Paris quérir lesdits portraicts dessusdicts qu'il a apportez audit seigneur, audit Bloys, en semblable diligence. 28 mars 1528. » (1529.)

Qu'avaient de si pressé ces portraits pour qu'on les envoyât chercher, de Blois à Paris, en dilligence et sur chevaulx de poste ? Le roi aurait été fort attrapé si nous avions dû le savoir.

Huit ans avaient suffi pour changer le nom du peintre favori et le faire connaître sous un petit nom qui de Jehan Glouet devient Jehannet Clouet , puis plus familièrement encore ^ Jehannet et Jannet tout court. Cette vieille habitude du moyen âge d'abréger les noms était devenue très-populaire au xv*^ j

siècle et elle s'était conservée au xvi*. Pour ne '

prendre qu'un exemple contemporain de Jean Clouet y rappelons-nous que Jean Desmarets devint célèbre sous le nom de Jean Marot , qui servait à le désigner, à la cour de François V% parmi les varlets de garde-^robhe:

Le 16 janvier 1529, c'est-à-dire au commencement de l'année 1 530 (l'année commençait encore à Pâques) , Jean Clouet touche, de la main des trésoriers royaux, la somme de 102 livres 10 sols tournois, puis 41 livres, et cela en plus de ses gages annuels. Voici comment est rédigé l'article de ses gages :

« Coppie du roolle et estât des officiers de l'hostel du Roy pour Tannée commençant le premier jour de janvier mil cinq cens vingt huict et fénissant le dernier jour de décembre mil cinq cens vingtneuf. »

Je n'ai rien trouvé à Tarticle Vallets de chambre, mais au folio cvi, je lis sous c^tte rubrique : Pain-

TfUSS ET GENS DE MESTIER :

w A Jehannol Clouet, paintre et vallet de chambre ordinaire du Rov^ NDS. la somme de deux cens

LES mois CLOUET. H

quaronte livres tournoys à luy pareillement ordonnée par icellui seigneur et sondit estât pour ses gaiges de paintre de ceste présente année finye le dernier jour de décembre mil cinq cens vingt-neuf. » (19 sept- 1529.)

Je puis suivre ainsi Glouet dans les comptes royaux jusqu'en 1 536 :

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