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sueurs du peuple qui, sous forme d'impôts écrasants, ont payé ces cbefs-d'oravre , ce luxe royal, et les guerres ei les croisades La noblesse fran* çaise, dans cent batailles, et Saint Louis, à Carthage, ont donné leur vie pour Tbonueur de nos armes, toujours avec les sueurs du peuple; quelle reconnaissance serait due à ces rois qui, maîtres absolus des deniers publics , les ont employés à la conquête de toutes nos gloires? L'injustice de ces récriminations n'est égalée que par Tignorance des faits bistoriques et du mécanisme financier de ces temps éloignés. Elles ne valent pas un moment d'attention.
Mais pourquoi tant vanter la monarchie? ajoutera quelque républicain du jour; voyez donc les lettres R F qui brilleront bientôt à la voûte d'or du grand salon du Louvre; la République aime et protège les arts. Tout beau! citoyen; si le chiffre RF reluit au n)ilieu d'un semis de fleurs de lis dorées à neuf, entre les couronnes royales et les chiffres amoureux (le Henri II et de Henri IV, c'est qu'une majorité royaliste a volé 1,500,000 francs pour la restauralion du Louvre, étudiée par M.Duban, architecte de M. le duc d'Àumale, et sur le rapport de M. Thiers,. ministre du roi Louis-Philippe; qu'ya-t-il de républicain dans tout cela? Si nous cherchons avec calme ce que les beaux-arts doivent à votre forme de gouvernement, nous serons vilement édifiés. On connaît mon opinion sur la protection accordée aux
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arts dans les républiques de rantiquité; quel est leur sort dans les républiques modernes? Le Conseil des Dix à Venise, les Médicis à Florence ont protégé les arts; appelez-vous ces gouvernements des républiques? Je ne conteste pas la puissance de ces formes absolues, de ces dépenses sans contrôle populaire, de ce luxe patricien. Est-ce là le modèle de votre république? nous pourrons alors nous entendre. Mais si la Suisse ou les Ëtats-Unis répondent mieux à vos théories politiques, qu'y trouvonsnous? L'anéantissement des arts par la jalousie démocratique, par Tesprit matériel, par les préoccupations mercantiles; et pouvez -vous nous garantir nn avenir républicain aussi tranquille, aussi prospère ? Si je ramène mes yeux sur la république romaine de 1849 , j'y vois, en six mois, la dilapidation brutale des monuments de Rome , et si elle avait duré six mois encore, la mis^ en vente de ses plus belles collections ; si je rappelle à ma mémoire la république française de 1848, tant qu'elle a été républicaine, je ne puis écarter de ma vue Neuilly en flammes, le palais des Tuileries et le Palais- Royal saccagés, les tableaux des grandes campagnes de 89 traînés dans le ruisseau , les portraits des maréchaux de l'empire lacérés, et pour chefd'œuvre la statue de la Liberté, un monstre honteux, sur la place du Palais-Bourbon. Il me répugnerait de tirer avantage de ces nobles intelligences, mises par centaines sur le pavé et abandonnées au
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désespoir quand elles résistaient à la misère. Je ne triomphe pas de ces malheurs. Quanta la république modèle de 93 , on la connaît : nos églises pillées, nos archives brûlées en place publique, nos manuscritSy nos édifices, tous les monuments de Part sottement privés des armoiries qui leur donnaient une signification et une date , les tombeaux de Saint- Louis, de François P% de Henri IV, et d'une longue suite de rois fouillés avec avidité et profanés sans pudeur; les monuments érigés par la reconnaissance nationale à Duguesclin , à Jeanne d'Arc, à Bayard anéantis; toutes les beautés de l'art et toutes les gloires de l'histoire, détruites à la fois, et ces indignes profanations commises ^^ non pas seulement dans la tourmente de Témeute , mais froidement, avec l'autorité de décrets salement motivés, et pour chef-d'œuvre le portrait de Marat peint en martyr de la bienfaisance, par David, ce républicain qui devait son talent à la protection d'un roi, et qui dut sa réputation à un empereur dont il peignit complaisamment le sacre.
Laissons passer les républiques^ et reprenons le fil de notre déduction. Il faut aux arts l'élégance d'une société d'élite , les encouragements d'un monde capable de les apprécier; il faut aux artistes la munificence d'une cour et d'une aristocratie, ressorts matériels des grandes créations. Par la même raison , si nous voulons comprendre les tendances diverses de l'art français à toutes les épo-
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quesy c*est à leur centre d'action qu'on doit les observer, et j'ai voulu dire, en quelques mots, pourquoi, ayant à décrire le grand mouvement du XVI® siècle , j'ai dû étudier la renaissance des arts à la cour de France.