POLITIQUE ET PHILOSOPHIE
^ OU moins consciemment, du germe obscur déposé il y a quinze ans dans Fesprit de la jeunesse par quelques irréi« guliers hardis et sincères.
el Victor Hugo, célébrant Vwrc de triomphe, n'y reli grettait rien
Que Phidias absent et son père oublié.
Le cataclysme de 1870 a rompu la tradition matérialiste Nous la relions, afin que ceux qui ont été à la peine soient à l'honneur.
La Liàre Pensée et la Pensée nouvelle, disions-nous dans notre biographie d'Asseline, «méritent de vivre dans le souvenir de ceux qui savent voir au delà du chaos des doctrines et des nuances passagères ». Nous le répétons aujourd'hui avec une conviction où la vanité , croyez-le bien, n'a que sa part inévitable, et que n'altéreront ni le rire des Prudhommes, ni môme le sourire des malins. Ces deux revues, si le nom n'est pas trop ambitieux, les deux volumes qu'on en a formés et que possèdent à peine complets quelques fidèles et quelques amateurs, sont et demeureront un des monuments philosophiques de notre âge. On les réimprimera quelque jour, dans dix ans ou dans un siècle.
En attendant, nous en extrayons une partie de ce qui nous appartient, polémiques de circonstance, critiques de fond, aperçus généraux. On nous accusera de céder au plaisir naïf de l'auteur qui se pourléche et se carre dans son œuvre. Pourquoi un sentiment si naturel nous seraitil étranger ? Mais bien que ces vieilles pages nous rajeunissent et nous réchauffent, nous ne sommes point assez vieux encore pour nous poser en mirator iemporis acti. Des raisons moins personnelles nous dècVdcivV. Y^^^ \svQrt-
MATÉa. k.
ceaux qu'on va lire (nous l'espérons, 'du moins) sont des documents authentiques, les chapitres d'une histoire de la renaissance du matérialisme ; et, comme tels, ils ont leur place en ce hvre. On y trouvera le tableau, d'après nature et pris sur le vif, du mouvement philosophique à la fin du second empire. Et puis ne sont-ils pas nouveaux, presque inédits, pour la plupart des lecteurs d'aujourd'hui? Dans le tourbillon de la presse, scripta volant; à quoi bon récrire, avec la même conviction sans doute, mais peut-être avec moins de verve, ces annales fragmentaires du matérialisme militant ? Décrites, les batailles sont froides, il faut les voir ; il faut suivre des yeux les incidents et les péripéties de la mêlée. Asseyez-vous, lecteur, et du seuil des templa serena, regardez à vos pieds les attaques, les ripostes, enfin, la philosophie en action.