VITESSE DE LA PENSÉE
laire qui en est la suite ; si on produit successivement l'excitation en deux points différents, ces retards sont toujours les mêmes, sauf celui qui provient de la transmission des sensations. Si, par exemple, on excite d'abord un point du gros orteil, puis ensuite un point de la région inguinale, la différence des retards observés représentera le temps que la sensation met à monter du pied jusqu'au milieu du corps... » M. Hirsch a observé et constaté que le courant nerveux franchit une longueur de 2 mètres en 6 centièmes de seconde, ou bien 34 mètres en une seconde. Le temps de la réflexion est de un à trois dixièmes de seconde. « La pensée, on le voit, ne naît point instantanément : c'est un phénomène naturel sujet aux lois du temps et de l'espace. »
§6.-13 octobre 1867.
Que l'athéisme est le préliminaire de la philosophie scientifique. — Contradictions du déisme. — Inutilité et inanité de la providence. — La résignation est une fausse vertu. — Aristote, sur la justice.
Le monde pensant sera-t-il déiste ou matérialiste? Voilà le dilemme. Reconnaîtra-t-il un être suprême plus ou moins ressemblant à celui qui sortit un jour du cerveau de M. de Robespierre ; ou, affirmant l'existence éternelle de la matière, le monde repoussera-t-il de ses mœurs et de ses institutions la conception toujours hypothétique d*un être quelconque, personnel ou impersonnel, faisant spécialement aller notre machine ronde par des moyens inconnus ? •
« Dieu ou la matière. Celle-ci ou celui-là. Pas d*hypocrisie; tôt ou tard, l'un ou l'autre. Et nous sommes fondés à poser ainsi la question, nous qui n'avons pas choisi, n'étant pas encore suffisamment éclairés ; nous qui, en prévision du quart d'heure redoutable, proclamons que toutes les définitions données jusqu'ici d'un être suprême sont plus ou moins vicieuses ; nous, enfin, qui nous sommes réfugiés dans le doute avec l'ardeur du voluptueux usé qui se réfugie dans la foi.