ORDRE UNIVERSEL
auspices ; rentrerons-nous dans les replis de ce cercle vicieux où tournent sans issue les métaphysiques et toutes les phases du mysticisme ; ou bien, connaissant le secret de la plupart des phénomènes atmosphériques et célestes, qui ont stupéfié et trompé Tignorance des anciens hommes, nous contenterons-nous de les classer scientifiquement et de les analyser, comme choses en ellesmêmes indifférentes, et dont Timportance relative demeure vis-à-vis de nous toute fortuite et surtout étrangère à notre volonté comme à notre raison ? Quel spectacle et quelles considérations nous suggéreront l'idée d'un créateur ou seulement d'un moteur intelligent ? Est-ce Tordre universel ? Est-ce rintelligence de l'homme? Est-ce l'utilité et la probabilité d'une providence ? nous ne le pensons pas.
De quelque façon que le monde puisse être constitué, sa structure sera nommée « ordre » par les êtres pour lesquels il est une condition absolue d'existence. La terre pourrait être carrée, comme le veulent les Chinois, plate et ronde comme se la figurait Homère, hémisphérique comme Swift a conçu son île aérienne ; le ciel pourrait être une voûte solide et les étoiles des clous d'or; d'autres rapports pourraient exister entre les corps célestes, et d'autres lois que la gravitation ; il n'en faudrait pas moins appeler l'ensemble univers, et en admirer l'harmonie. Dès l'instant que les choses sont, il faut qu'elles se trouvent enchaînées de manière à être. L'ordre que nous y constatons n'est donc qu'une propriété fatale et dans laquelle ne réside aucun mérite ou démérite. Ce n'est ni bien ni mal, cela est. La beauté du monde extérieur est toute relative à nous ; nous y vivons, nous en vivons ; nous en jouissons ou nous en souffrons ; de là les quahtés ou les défauts que nous lui attribuons.
L'intelligence de Thomme, dit Voltaire, suppose intelligence créatrice ; de même une montre révèL horloger ; de même une peinture ou un palais attes main et le talent de l'artiste. Enarrant cœli gloriam . si les cieux racontent la gloire de Dieu, l'homme, à forte raison. Cet argument n'est qu'une forme du pi dent. Or, pas plus que les cieux, l'homme ne témo d'un horloger. La plus simple observation des règles ( nature démontre que l'intelligence n'apparaît que dai vie relativement dégagée du sol ; elle ne semble même poindre dans la végétation ; quant aux pierr amas de scories qu'on nomme planètes et étoiles,-il drait être illuminé ou poète, voisin du Parnasse o Bedlam, pour leur attribuer une conscience. La divi ne se manifesterait évidemment que dans la vie ; tou: autres degrés de l'être en seraient exempts ; les élém inanimés et soumis uniquement à des lois fatales o sionnées par des combinaisons également fatales, re^ raient et dépouilleraient la divinité au fur et à mai qu'ils entreraient dans un centre doué de mouven propre, et qu'ils retourneraient dans l'empire d( substance inconsciente. Qu'ajouterait cette notion treinte de divinité à la notion beaucoup plus larg çompréhensive des gradations du mouvement ? En < expliquerait-elle quoi que ce soit ? Et ne demanderaitpas elle-même à être expliquée ?
Mais, disent quelques élèves de Thomas d'Aquin et c scolastique universitaire, elle est utile à la justice et bonnes mœurs. Historiquement, et par des circonsta indépendantes de leur essence fictive, les dieux onl résumer en eux et solenniser des préceptes nioraux, mules nées tout simplement des rapports établis entr