‹ La renaissance du matérialismeChapitre 75 sur 114 · LA RESPONSABILITÉ · texte numérisé non relu

LA RESPONSABILITÉ

là-haut des cours et tribunaux à bouche que veux-tu, et ses vénérables maîtres Brard et Saint-Omer ; et il se laisse aller à dire : « Ma mort est le plus beau jour de ma vie I » Ah I s'il savait que ce n*est pas lui, Prudhomme, avec son faux-col, qui ira jouir du concert céleste ; s'il savait que la mort ne respectera de lui qu'un résidu, une âme, une force aussi inconsciente qu'une goutte d'eau perdue dans la mer ! comme il se soucierait de l'immortalité ? Mais laissons Maine de Biran ; aussi bien n'existe-t-il plus ; son essence subtilisée a dépouillé depuis bien des années son nom, sa personnalité, son moi ; ce qui fut Maine de Biran s'est évaporé dans l'extase.

Nous retrouvons dans la préface de M. Élie de Biran une phrase qui restera fameuse sans jamais devenir intelligible : « *Le matérialisme, c'est t irresponsabilité, » M. L. Aug. Martin, qui n'est certes pas hostile à la philosophie expérimentale, ne peut non plus se décider à l'abandon du libre arbitre ; mais la nuance qui le sépare de nous s'effacera aisément. A la fin d'une très fidèle analyse de la Physiologie des passions {Annuaire philosophique , juin i868), il s'exprime ainsi : « M. Letourneau définit la volonté : Le pouvoir de faire converger toutes les puissances de l'être Vers un but donné, quand ce pouvoir agit avec une apparente liberté; et le désir, l'évidente impulsion du besoin. Enfin, le désir c'est l'impulsion franchement irraisonée , la volonté c'est l'impulsion délibérée. Eh bien I là où il y a délibération, il y a libre arbitre, [il y a donc l'esponsabilité. Pourquoi donc enseigner d'une manière générale que l'homme coupable doit être assimilé à un Daalade ? » Parce que vous-même reconnaissez la maladie dans la récidive, et que la récidive d'un crime ne renferme d'autres éléments de production que le crime lui-

même. Nous vous renvoyons d'ailleurs à M. Littré, doi vous reproduisez impartialement l'opinion :

« Par la méthode d'une analyse, délicate, mais bie conduite, on est arrivé depuis longtemps à la conclusio que le libre arbitre, tel que l'entendent les théologiens, e une erreur psychologique, que la volonté n'est point un faculté qui se détermine par sa propre vertu vers tel ou t motif, et qu'au contraire, c'est tel ou tel motif qui déte mine la volonté à la résolution qu'elle prend. En d'autr termes, ce ne sont pas les motifs qui obéissent à la volont c'est la volonté qui obéit aux motifs. » Que M. Mart: médite ces lignes remarquables et tout ce qui suit; verra que M. Littré n'admet pas du tout l'immoralité de. physiologie.

Il nous est arrivé souvent de discuter certaines opinio du groupe positiviste dont M. Littré est le chef ; rm jusqu'à présent nous n'avions pas eu l'occasion d'entrer relations avec l'église orthodoxe d'Auguste Comte, aujoi d'hui représentée par MM. Pierre Laffite et le docte Robinet. Ce dernier nous a honoré d'une lettre un p trop longue pour être insérée, fort intéressante d'ailleu: mais assez peu concluante sur la question qu'elle soulè^ En voici la substance :

Nous avions dit dans un récent travail sur la philosopl du dix-neuvième siècle, que le positivisme, bien quetra'» fuge des élucuhrations \de Saint-Simon, était un retc marqué, mais timide encore, vers les traditions du d huitième "siècle, et que son vice avait été l'esprit systéJt tique de son inventeur. M. Robinet soutient que Saii Simon [qui ne produisit rien en science ni en philosoph c'est la vérité) n'a eu aucune influence sur les id^ d'Auguste Comte, et n'a pas obtenu une place dans la li*

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