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LA FATALITÉ

n'est tout à fait nécessaire, et qu'il faut tenir compte, dans l'ordre des causes, de notre liberté relative. Il se pouvait donc que la tuile ne tombât pas sur moi, si j'avais marché de l'autre côté de la rue, si une circonstance quelconque m'eût détourné à temps de la place funeste. Mais, moi me trouvant dessous, et rien n'empêchant la chute de la tuile, il faut bien avouer que le fait est fatal, régulier, ordinaire. Nous croyons donc à la fatalité naturelle et indifférente de tout ce qui arrive en dehors de notre liberté relative et à l'encontre de cette liberté ; mais nous ne faisons point de la fatalité une puissance, un fatum, un destin, ni une providence. La fatalité n'est pour nous qu'un caractère commun a tout ce qui a lieu dans la nature. En ce sens, notre liberté elle-même est d'origine fatale, puisque c'est notre organisme qui l'implique. Voilà comment nous sommes fatalistes. Ce fatalisme, contre lequel nul ne peut s'inscrire en faux parce qu'il est l'expression du fait, n'apporte aucun obstacle à la constitution des sociétés, de la justice et de la morale ; bien au contraire, il la domine, la crée, l'organise par le besoin, qui est fatal, et par la réciprocité du droit, qui dérive du besoin. Le fatalisme matérialiste ne détruit donc rien, ni la libre activité de l'organisme humain, ni la conception de la justice, qui est le lien de l'organisme social. Ce qui cause « le trouble moral de l'époque présente, » c'est la lutte (suprême, espérons-le) entre les morales révélées, les 'droits divins, et la morale sociale progressive ; entre le terrible fatalisme providentiel et la contemplation calme et sereine du fatalisme naturel. .

Terminons par quelques rapides éclaircissements qu'un de nos honorables correspondants, homme de foi et de bonne foi attend, hélas ! depuis quelques s«vs\^\xv^^.

Il nous soumet cette objection : « La force et la matièr étant admises comme éternelles, s'il n'y a que ces deu éléments l'un en face de l'autre, rien ne peut modifier leui rapports. Tels ils ont été au premier moment, tels i doivent être toujours. » Nous répondrons que force < matière, n'ont jamais été dans notre pensée que deu caractères connexes communs à tous les éléments, à toi les groupements moléculaires de la substance en moi vement ; la force et la matière n'ont donc jamais été l'ur en face de l'autre, elles ont toujours été unies comme pesanteur et le corps pesant, comme le geste et le muscl Rien, en efiTet, ne modifie leurs rapports, puisqu'elles so: inséparables. Quant au pourquoi, nous ne nous en ceci pons pas, nous n'en concevons pas ; nous nous bornons classer des faits observés.

Autre objection : « Croyez-vous que la substance céi brale sache ce qu'elle fait ? Oui, j'admets que la producti< des pensées dépend des opérations de l'encéphale comr la farine dépend de celles du moulin ; et que, si le mou) est en bon état, il produit de la bonne farine, s'il < détraqué, de la mauvaise, et s'il se démonte, plus du toi mais, quoi qu'il fasse, le moulin ne sait pas ce qu'il fai il est dirigé par un meunier qui sait seul Femploi de farine et le but du travail. La machine arithmétique laquelle on fait produire des quotients, etc., produit réalité .des idées qui étaient inconnues de celui qui la f jouer, qui ne servent qu'à lui, et dont la machine n'a \

conscience. Tel est le cerveau. L'opérateur qui profite ses opérations, c'est le moi, l'être intellectuel, mor psychique, l'âme, le meunier qui s'en va trouver i autre usine quand son premier moulin est rompu. J'ai en ça et je ne crois pas que vous puissiez démontrer que

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