PHILOSOPHIE DE GEORGES SAND
{Problèmes de rame), madame Sand expose, sous forme de Lettre dun voyageur^ toutes les chimères confuses que Tentretien des artistes et des philosophes en tout genre a laissées dans sa mémoire. MM. Léon Brothier, Laugel, Pierre Leroux, Jean Reynaud, le Ceugant ou Absolu du druidisme, les Kabires de M. Henri Martin, sont restés dans cette imagination si riche et s'y sont amalgamés avec Swedenborg ; c'est un étrange chaos ou l'antithèse fait vis-à-vis à la synthèse, où la trinité alexandrine, grefiTée des trois âmes d'Aristote, se livre à d'étonnants exercices entre le spiritualisme et le matérialisme , ces vains termes qui nous éloignent de la recherche de la vérité. Si nous nous permettons de traiter ici avec quelque irrévérence (philosophique) cette excursion de madame Sand dans un doma^ine qui ne nous semble pas être le sien, c'est d'abord qu'elle avoue elle-même son incompétence : « Ce n'est pas dit-elle, mon état de tant philosopher ; » puis, si elles étaient encouragées, ces spéculations transcendantales pourraient nous ravir quelque floraison nouvelle de cette imagination toujours fraîche {semper florentis Homeri) ; enfin, de pareilles rêveries, appuyées d'un grand nom, pourraient égarer un certain nombre d'esprits qui, échappés des religions positives, seraient enchantés de se réfugier dans la trinalité ! (le mot y est, on le lira plus loin.) On va voir se succéder dans quelques citations toutes les fantaisies du panthéisme ou plutôt du matérialisme mystique. Mais il faut nous pardonner de ne pas établir dans cet « essai de méthode » un ordre parfait. Tout s'y croise et s'y enjambe.
« Yous qui proclamez (ceci est pour les positivistes etieà matérialistes) la méthode exclusivement expérimentale, il ne faudrait peut-être pas tant affirmer qu'elle suffit. Ivi&o^'k
ce jour, elle ne suffit pas, elle ne sait pas, elle n'a pas trouv Tout comme les études psychiques, vos études ont encoi besoin d'un peu de modestie. » Jusqu'ici la science n'a pi « réussi à élever l'esprit humain plus haut que l'antithès qui est une impasse... Il y a une vérité d'ensemble, corc laire de toutes les vérités de détail. » Où ne va-t-on p avec des mots ?
(( J'ai besoin d'un Dieu, non pour satisfaire mon égoïsn ou consoler ma faiblesse, mais pour croire à Vhumani dépositaire cCun feu sacré plus pur que celui auquel el se chauffe. » Gela ne s'entend guère: si l'humanité i se chauffe pas à ce feu sacré plus pur, c'est préciséme qu'elle n'en est pas dépositaire.
« En cherchant Dieu dans l'univers, l'homme n'a { que le chercher en lui-même, c'est-à-dire en se servant ( l'induction personnelle et directe.» Aveu d'anthropomo phisme.
« Le premier philosophe qui a contemplé ou su! Vinjustice du destin s'est dit qu'il devait y avoir dans '. pensée divine, dans l'âme de l'univers, quelque refuj contre cette injustice. Il s'est senti juste, et aussitôt il attribuée son dieu une justice si... si... etc. » Noi resterons d'accord avec madame Sand en taxant avec el ces procédés métaphysiques de « moyens naïfs. j>
Sans doute « il ne tenait qu'au créateur de nous faii plus éducables, et de nous initier plus promptement l'intelligence de ses lois. » Aussi l'auteur repousse-tbien loin « l'âme magique » des « antiques théodicées. Il ne veut ni dogme ni culte: toujours la religion natureU
« Mais si, écartant ces poèmes symboliques, nous noi contentons de comprendre l'âme de l'univers par Tindu tion rigoureuse, qui est le seul rapport possible entre el