LA RELIGION DERNIÈRE
lyance du monde où régnent la pensée et la science. » ur lui, le christianisme en est juste au point où en était panthéon gréco-romain vers le troisième siècle de notre î. Le Saint-Simonisme et le protestantisme libéral sont ut au plus comparables à ce beau polythéisme néoplatocien qui a retardé de quelques siècles la chute des relions antiques. Le mormonisme et le spiritisme jouent le >le des théurgies orientales nées de la composition du paanisme. Dans les hérésies des néo-chrétiens, Lamennais, uchez, Bordas-Dumoulin et François Huet, dans la préendue religion humanitaire d*Auguste Comte, M. Vacheot ne voit que des déviations de Tesprit moderne aux )rises avec la tradition. Il proclame enfin que, « en France particulièrement, où la logique règne même sur les intelligences vulgaires, il serait peut-être plus facile de passer brusquement de la religion à la philosophie que de s'arrêter » au christianisme réduit des Ghanning, des Coquerel et des Fontanès. « L'histoire religieuse, dit-il, doit être close par le christianisme. »
Après des conclusions si nettes, on s*étonne de lire à la fin de son travail une formule dubitative qui implique contradiction ; la voici : « Cette apparence lie cache-t-elle pas un travail profond, latent, qui ioive aboutir à une grande transformation religieuse du Honde moderne ? » Que M. Vacherot se relise, et il se ré- )ondra. Le secret de ses hésitations philosophiques est tout înlier dans son éducation ; là aussi est le secret de ses héîtations religieuses. Il ne peut se défaire d'un certain resect relatif pour les doctrines chrétiennes. De Schlegel, e Chateaubriand et du romantisme, il a gardé une fausse lée d'une sorte de christianisme esthétique ; il croit qu'il a un art chrétien ; il est presque de la religion du gothi-
que. Oubliant les merveilles des polythéismes de Tlnde e de la Grèce, il veut que le christianisme ait été la plo grande religion qui ait jamais existé. Jésus, Tapôtre de \ paresseuse extase, Tennemi du travail, le fils peu soucieu: de sa mère et de ses frères, le mystique indifférent à la fa mille, à TEtat, à la vie humain^, lui apparaît encore comni* un idéal de la pureté morale. Mais tout en louant Tespri admirable, la sublimité de FÉvangile, « il reconnaît, ei somme, que cette compilation » ne peut comprendre l conscience humaine tout entière. C'est là un précieux aveu Allons, M. Vacherot, il n*est jamais trop tard pour d^ pouiller le vieil homme, et vous y yitïiàxtzMevue desDeua Mondes à part, avouez-le, vous n*êtes pas, mais pas di tout, chrétien. Seulement la pseudo-recrudescence à la quelle nous assistons vous inquiète plus que de raison vous croyez à sa réalité ; vous ne voyez pas qu'un seu coup de ciseau, coup de ciseau inévitable, détachera d rhumanité l'appendice religieux .qui la tire en arrière ; c vous [applaudissez à ceux qui en veulent alléger le poid par quelques éliminations prudentes, afin que la maturit de l'esprit moderne puisse garder sans trop d'humiliatioi un bout des langes de son enfance. Mais ces protestants li béraux, chrétiens incrédules à la divinité du Christ, ne son que des libres penseurs inconséquents. Ils avancent à re culons, les yeux sur le passé, le dos à l'avenir, mais il; avancent ; et, de temps en temps, il en tombe quelqu'ur dans la gueule de l'athéisme (!), ce monstre qui on le sait, a fait de nos jours tant de victimes, et menace d'engloutir tout ce qu'il y a d'hommes raisonnables dans le monde. Si l'athéisme est un gouffre, on } est en bonne compagnie ; c'est le seuil qu'il faut franchi] pour entrer dans la science et dans la vie nouvelle, sanî