QUERELLES DE FAMILLE
Les sacrés rédacteurs de cette feuille n'oublient pas, comme de juste, de calomnier leurs confrères en religîosité ; ils déversent le ridicule surles méthodistes américains. Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons. Nous apprenons avec plaisir que ces sectaires (les méthodistes) renouvellent chaque année les scènes bizarres des premières agapes chrétiennes ; qu'après les exhortations jaculatoires de trois ou quatre révérends, « les néophytes remuent la tête comme des magots chinois, étendent les bras ou se livrent à la danse des derviches. Ce sont des éclats de tonnerre, puis des rires et des contorsions. On dirait des habitants deCharenton. Les femmes sont saisies de convulsions... La nuit est déjà bien avancée ; la place est encombrée d'hommes et de femmes en proie à une véritable obsession ; puis tout rentre dans le silence, et l'on dirait un Ueu où a régné l'orgie. Nous renonçons à décrire les scènes honteuses qui suivent ces prédications ; qu'il suffise de dire que les témoins passifs se retirent pleins de dégoût et d'hujniliation. »
La pieuse Revue se termine par un logogriphe édifiant que nous nous sommes donné la peine de deviner. L'inventeur de ce petit rébus y joue, sans aucun scrupule, sur le nom de la Reine des Anges ; est-ce bien respectueux ? Voici le problème :
J Sur mes cinq pieds je suis la plus puissante reine,
J Tout l'univers subit mes lois.
On m'ôte un pied, je suis le plus petit des rois, ' Un seul sujet porte ma chaîne.
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^ Le premier mot est Marie ^ n'est-ce pas ? et le second est f' ^ari. Qu'en pense saint Joseph ? Gela est du dernier galant.
P. S. J'oubliais de répondre à une question qui m'est faite à propos d'un récent article sur le Langage, Est-il vrai, m'écrit mon honorable correspondant « qu'il n'existe aucune idée déterminée sans qu'elle soit incorporée à un son déterminé ? » (c'est l'avis de Max Millier) et il me cite l'exemple des sourds-muets {instruits) qui « ont souvent une raison humaine très développée et ne peuvent proférer un son articulé. » Il propose donc d'étendre la définition du langage « à tout signe extérieur servant à la manifestation de la pensée. » Je lui ferai simplement observer que le sourd-muet, non instruit, ne s'élèverait certainement pas au-dessus de la raison animale, telle que la comporte l'organisme humain ; et que, chez le sourdmuet qui sait lire et se faire comprendre, les signes ne sont que les substituts artificiels de la parole articulée. Ils ne raisonnent que parce que leur maître parle.