‹ La renaissance du stoïcisme au 16 siècleChapitre 12 sur 41 · LE NEO-STOICISME DANS LES TRADUCTIONS I · texte numérisé non relu

LE NEO-STOICISME DANS LES TRADUCTIONS I

autre unité, celle-là plus vraie, plus intéressante, plus originale, en ce qu'elle est vraiment l'œuvre d'un homme et qu'elle émane de toutes les puissances de son âme. C'est celle qui est l'expression de toute une vie. Elle a cela de particulier qu'elle fait entrer une personnalité tout entière comme facteur dans la renaissance d'un système, et en indique la véritable portée en faisant choix des éléments qui sont vraiment viables en lui.

Il semble que deux hommes au xvi^ siècle aient vraiment essayé de réaliser cette unité sous deux formes différentes : Juste Lipse et Du Vair. L'un aurait en quelque sorte embrassé le stoïcisme dans son ensemble, le suivant dans son évolution à travers les âges, dans tous les détours de sa casuistique; l'autre l'aurait directement vécu et nous aurait donné le résultat de son expérience. L'un, foncièrement érudit, a compilé les textes avec l'exactitude méticuleuse du savant, du philologue, de l'éditeur et du commentateur de textes. Il est le digne descendant de toute une lignée d'humanistes. Il s'entend à publier des éditions, à restaurer des textes, à les commenter, à les critiquer. L'autre, plus homme d'action, mêlé intimement aux luttes de son temps, n'a pas eu les loisirs d'un lettré, ni la formation de l'humaniste professionnel pour puiser aux sources mêmes du stoïcisme. C'est plutôt dans le milieu ambiant qu'il va chercher sa philosophie déjà transformée par les courants que nous avons signalés, déjà vécue par une élite, déjà vulgarisée par ces ouvrages de seconde main. C'est. donc ici, l'expérience personnelle, une vie d'action qui va donner une unité au stoïcisme de Du Vair et lui permettre d'en faire une synthèse vivante.

Tels sont les deux auteurs dont nous allons examiner les œuvres et qui doivent nous donner enfin une expression complète du néo-stoïcisme.

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