LA METAPHYSIQUE STOÏCIENNE DE LA « PHYSIOLOGIA )) 2.^D
ample exposé de la physique stoïcienne ; il était donc nécessaire que la préparation fût achevée dans les deux derniers livres de la Physiologia. Lipse fut empêché par la maladie de terminer son œuvre, il le regretta vivement et déposa la plume, non sans formuler le souhait de pouvoir passer à un autre « son flambeau » et la gloire d'illustrer Sénèque (i).
Ce souhait s'accomplit, car Tœuvre fut reprise. En i632^ un professeur de philosophie de l'Université de Louvain, Libert Fromond, continua et acheva Tœuvre commencée. Il avait eu la chance de trouver un éditeur, Balthasar Moret, qui seconda ses efforts et entreprit une nouvelle édition des Commentaires de Lipse sur les Questions Naturelles^ qu'il compléta par ceux de Fromond.
La préface qui précède cette édition est celle de Lipse, exposant lui-même sa méthode. Elle nous intéresse, car elle nous avertit immédiatement que ces commentaires de Lipse et ceux de son successeur nous apprendront fort peu de choses nouvelles sur la philosophie du Portique. Chaque chapitre doit contenir en effet un court exposé du sujet traité, des notes sans développement, purement indica-
Ibid., diss. xxii, intitulé: Deignis interitu, qui Ecpyrosis dicta. Quando. Quomodo, qua gratia fiât?
Ibid.^ liv. III, diss. viir, intitulé : E. Gaelo et Aethere animum advenire, a Stellis, ab ipso Deo : et pluscula sublimiter, ac nimis, a Stoicis dicta.
Jbid., diss. xiii, intitulé : Aniniam corpus Stoicis esse, itemque TertuUiano.
Ibid., diss. xiv, intitulé : Ubi anima separata? et quid agat? In Lunae orbe, aut circa esse, ac contemplari.
Ibid., dis. XVIII, intitulé .: Principale Animœ quid et Ubi sit? In corde Stoicis poni.
(i) Cf. L. Annaei Senecae philosophi opéra quas exstant omnia a Justo Lipso emendata et scholiis illustrata. Editio tertia atque ab ultimo Lipsio manu : aucta Liberti Fromondi Scholiis ad quaestiones Naturales et Ludum de morte Claudii Cœsaris. (Antverpiœ ex officina Plantiniana Balthasaris Moreti. m.dc.xxxii, in-fol.)
CHAPITRK IV
trices pour tout ce qui regarde Thistoire ancienne (i), puis des notes philosophiques encore plus succinctes, puisqu'il faut les compléter directement par les éclaircissements contenus dans les trois livres de la Manuductio et les trois autres de la Phfsiologia, notes que Lipse aurait voulu compléter dans un troisième opuscule de morale {2). Voilà une preuve évidente que cette édition de Sénèque était le but final des efforts de l'humaniste érudit.
Il s'était déjà nettement expliqué à ce sujet dans la Manuductio, il le refait encore dans l'Introduction de sa grande édition. C'est moins pour donner un texte nouveau et exact qu'il entreprend ce travail énorme, que pour bien rendre la pensée de Sénèque; c'est-à-dire que s'il veut pénétrer le sens des mots, il veut aussi les ordonner et reproduire ainsi le mouvement oratoire de Sénèque, si intimement lié à sa pensée. Les critiques que Lipse nous fait de ses prédécesseurs nous éclairent mieux encore sur ce point. Quatre humanistes avaient essayé avant lui une édition de Sénèque : Érasme, Pincianus, Muret et Gruter 3). Il rend à chacun la part qui lui revient d'éloge et de blâme. On fut certes, suivant Lipse, trop sévère pour Érasme qui laissa une édition défectueuse, mais il avait eu le mérite d'ouvrir la voie; Ferdinand Pincianus avait été un excellent critique de texte, mais il s'était borné à ce rôle; Muret avait voulu faire plus, mais la
(i) Cf. édition citée, introduction: « Argumenta etiam libris scriptisque singulis prœposui et in breviario quodani ordinem ac materiam dedi... Siquidrituum an historiae veterisoccurrit, signo magis quamexplico... »
(2) Cf. Ibid. « Atqui philosophica etiam, inquies, parce et stillicidium de situla, donas. In Notis, agnosco, sed alibi nonne affatim et pleno sinu a me factum? Profudi. qiiidquid ejus opus erat, in tribus Manuductionis, totidem Physiologiae libris, totidem Kthicorum restant si Deus expolire et consummare dabit. Atque eos libres sic institui ut quamquam a capite sectam sensusque Stoicos ordine exsequar. nihil tamen inseram quod proprie non sit Senecae illustrando... »
(3) Cf. ibid.