DISSOCIATION DES ELEMENTS STOÏCIENS
Dans l'étude rapide que nous venons de faire, le néo-stoïcisme se dessine déjà avec une teinte mi-partie chrétienne, mi-partie païenne. Les néo-stoïciens, à la fois chrétiens et humanistes, se trou\èrent en effet dans la double obligation de suivre la tradition dont, par esprit de foi, ils ne pouvaient se détourner, et de satisfaire aux goûts nouveaux: de là, chez eux, ce souci constant de rapprocher dogmes chrétiens et dogmes stoïciens, et par conséquent, le caractère tout éclectique de leurs œuvres, dont il reste maintenant à déterminer les éléments.
C^es éléments vinrent de tous les côtés à la fois : les critiques, les commentateurs et savants éditeurs de textes; les philosophes désireux de passer au crible de la raison leurs croyances; les théologiens réformés, préoccupés d'expliquer rationnellement leur défection au catholicisme; les moralistes, en quête de règles pratiques de vie, apportèrent, les uns après les autres, souvent à leur insu, des pierres à l'édifice. Ils accomplirent ainsi, sous la poussée de motifs le plus souvent étrangers à ceux qui animaient les néo-stoïciens, un véritable tiavail de dissociation qu'il est important d'étudier.
A priori, cette dissociation parait impossible. Comment opérer un choix dans une philosophie aussi merveilleusement une et simple que le stoïcisme, sans ruiner de fond en comble une doctrine qui semble en elVet ne se soutenir que par la feimeté de ses principes métaphysiques : le