‹ La renaissance du stoicisme au XVIe siecleChapitre 14 sur 49 · O DISSOCIATION DES ELEMENTS STOÏCIENS · texte numérisé non relu

O DISSOCIATION DES ELEMENTS STOÏCIENS

Dieu Raison se confondant avec le monde, d'où viennent et où retournent êtres et choses; l'individu, considéré comme une parcelle du grand Tout, soumis à l'ordre inflexible du Destin qui régit l'Univers? Comprendre cette vie de l'ensemble afin de s'y adapter, n'est-ce point le premier mot de la morale? Et partant, est-il possible de concevoir cette science autrement que liée indissolublement à la métaphysique et aux conceptions qui en sont la base : monisme, panthéisme, déterminisme et même matérialisme stoïcien? Comment encore admettre dans la pratique des règles aussi efficaces, aussi admirables que celles du stoïcisme, précisant les devoirs que nous avons envers nous-mêmes et envers les dieux, et oublier qu'elles sont l'expression de notre raison, fraction de la Raison universelle, c'est-à-dire fraction de Dieu lui-même?

Cette dissociation entre métaphysique et morale nous paraît ainsi incompréhensible. Elle se fit pourtant; et de même qu'il se produit à l'heure actuelle des ouvrages, de plus en plus nombreux, de morale indépendante, c'est-à-dire de morale dégagée de toute métaphysique, il y eut alors abondance d'opuscules de morale nettement stoïcienne, sans aucune préoccupation métaphysique. C'est le positivisme introduit en morale, dès le xvi^ siècle, avec la méthode inductive. Des causes d'ordre pratique, telles que l'expérience en dégage alors de la vie et du commerce avec l'antiquité, tournèrent esprits et âmes vers la morale stoïcienne.

Ne nous attendons pas à trouver parmi ces restaurateurs du stoïcisme de vrais philosophes, soucieux de faire revivre dans toute son intégrité la pensée antique, mais plutôt des littérateurs, des moralistes, des historiens, des humanistes.

Les philosophes et les théologiens réformés participèrent à ce mouvement de tout autre sorte. Ils rencontrèrent le

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