Girauder, op. cit
entassement de personnages, laisse peu à désirer, mais le dessin affecte une grande correction et, sinon toutes les figures, du moins celles qui tiennent la première place, sont empreintes d'une véritable noblesse. Ajoutons que la tendance au tableau se trouve encore augmentée par l'emploi d'une couleur claire et des effets de modelé résultant de hachures croisées et d'un gros pointillé.
Si les Courtois sont Tourangeaux, il semble bien que les Delalande, au contraire, aient la Ferté pour patrie. Durant tout le xvi‘ siècle, on les voit occupés à
Notre-Dame des Marais, dont les vitraux, pour la majeure partie, sont sortis de
leurs mains. Le chiffre de ceux qui peuvent être attribués au seul François, le plus célèbre de la famille”, n'est pas moindre de cinq*. Ils ont été exécutés de 1533 à 1540, c'est-à-dire à l'époque où florissait Jean Courtois. Mais pour peu qu'on se donne la peine de rapprocher les œuvres des deux maîtres, on sent combien leur manière est différente. Nous ne sommes plus en présence d’un novateur qui, fort de son talent, se moque des difficultés sous lesquelles tant d'autres succomberaient. La recherche de la vérité matérielle marche de pair, cette fois, avec l'observation de toutes les conditions de la peinture sur verre, et on admire, sans préoccupation d'aucune sorte, un dessin plus pur et une couleur qui gagne en harmonie ce qu'elle perd en vigueur.
François Delalande n'a pas travaillé seulement pour l'église Notre-Dame des Marais, et rien ne serait plus facile que de signaler en d'autres lieux des verrières sorties de son atelier. On en trouve notamment à Cormes et à Saint-Antoine de Rochefort, deux villages placés dans le voisinage de la Ferté-Bernard. Du reste, quelque intéressantes que soient les recherches à cet égard, nous n'avons pas ici la faculté de nous y livrer. C'est affaire aux historiens locaux d'opérer un classement minutieux des moindres œuvres éparses dans la contrée; eux seuls peuvent entrer dans les détails et fournir les moyens de se reconnaître au milieu des variétés d'exécution propres à chaque peintre-verrier 5.
1. François est le troisième dont le nom paraît dans les comptes. Avant lui on trouve Colas et Guillaume, après lui
Michel et Isaac. Mais il ne s'ensuit pas que nous ayons ainsi cinq générations de peintres-verriers. Ce chiffre doit être
réduit à quatre, et Michel, qui est mort en 1568, semble bien, comme François, un fils de Guillaume.
2. Voici les sujets représentés : Vie de saint Julien, Vie de saint Nicolas, Incrédulité de saint Thomas, Jésus présenté au peuple par Pilate, le Baïser de Judas.
e déjà cité (Histoire de la Ferté-Bernard, p. 195, 159 et 161), les nements dont nous parlons. M. Léopold Charles a aussi publié les études suivantes, que nous recommandons au