ARTISTLE DE DIT RETABLE
Quant au tabernacle de Léaui, sil est incontestablement de la main de Corneille Floris, rien ne permet de le rapprocher des sculptures de Solesmes. Le caractère des figures est tout différent, et dans l'ornementation passe un souffle qui fait du premier monument une œuvre flamande, tandis que le second se trouve ouvertement rattaché à la France. Bien plus, nous croyons difficile que dans le même temps l'atelier des Vriendt ait pu suffire à deux commandes aussi importantes, car, d'une part, il s'agissait de compositions compliquées destinées À couvrir entièrement les parois d'une vaste chapelle et, de l'autre, la hauteur d'une église de grandes dimensions limitait seule dans son développement pyramidal ce que l'épitaphe des donateurs appelle pittoresquement « la tour du Saint-Sacrement’ ». Du moins le jubé de Tournai que l'on invoque en troisième lieu ne date, tout au plus, que de 1566, et si la manière de disposer les ornements et de comprendre la sculpture permettait de s'engager avec quelque sécurité dans la voie indiquée, il y aurait lieu de ne pas opposer trop de résistance. Mais tandis qu'à Solesmes nous sommes encore sous l'influence de la première renaissance, que Jean Bougler a eu visiblement affaire à un esprit tant soit peu attardé dans les pratiques d'un autre temps, à Tournai, au contraire, l'avance est consi-
dérable, et l'on se croirait presque aux dernières années du xvi° siècle.
1. « Le retable de Hal, dit M. Cartier, est de 1533. Aussi croyons-nous qu'il faut l’attribuer à l'oncle des de
les neveux ét:
Vriendt, Corneille Floris, qui mourut en 1538 ; t crop jeunes alors pour y avoir beaucoup travaillé. Il
ur à la chapelle de Jean Bougler, où nous trouverons à faire bien des rapprochements. » Op. cit., p. 96.
est antéri
Relevée par nous au mois de juiller 1880.
3. Petite localité de la Campine, à six kilomètres de Saint-Trond,
quelque flatteuses qu'elles fussent pour leur nation, n'ont point admis les conclusions de ison, G
motifs de décoration que Floris avair employés à Léau er qui donnent, pour ainsi dire, leur cachet
4. Les Belges eux-mêmes, M. Cartier. « A Solesmes, ditle Messager des sciences historiques (1° livr:
nd, 1882, p. 14), on ne retrouve
aucune réminiscence
aux productions de l'école amande. Floris aida même à propager ce genre d'ornementation par le recueil qu'il publia à Anvers, en 1556, er ouvrir la voie où le suivie d'abord son frère Jacques, puis Vrendeman de Vriese. Comment peut-on s'expliquer qu'il n'y en ait aucune réminiscence dans un travail qui vienc se placer entre ces deux œuvres qui ont tant de rapport entre elles? 1
s. Dir sacraments huys hier gestelt. Nous avons publié l'épitaphe entière, en 1881, dans le Bulletin monumental, p- 665.