Jal, Dictionnaire critiqu
Mélanges d'histoire er de littérature, p. 176.
nous donnons seulement vingt-cinq ans à André Pilon, —
est le nom du p
e de Germain, — en 1496, nous
£a 1562, En second lieu, les titres ne parlent pas d'un sculpteur, mais d'un
sans exception, se sont trouvés unanimes, durant plus d'un siècle, pour pour-
suivre la construction d'un monument aussi riche que magnifique. L'église de la
Ferté-Bernard est une œuvre collective, par conséquent peu faite pour mettre en relief la vanité personnelle de chacun de ceux qui ont pris part à son achèvement. À ce titre elle mérite plus particulièrement d'attirer l’attention, et nous ne croyons pas qu'à la même époque on puisse montrer beaucoup de semblables
uniquement, pour demeurer dans le souvenir des hommes, sur les beaux édifices
ntéressements. Du reste, la parole attribuée à Cosme de Médicis, qui comptait levés de son temps*, si elle n'a pas servi de règle de conduite à bien des s'est trouvée néanmoins vérifiée pour eux de la manière la plus éclatante. Les noms de Guillaume Cheminart et de Jean Bougler, par exemple, ne sont connus aujourd'hui que grâce aux admirables sculptures dont ils ont enrichi leur prieuré de Solesmes. C'est également le cas de Martin Guerrande, qui a laissé à la cathédrale du Mans une rare et précieuse tapisserie. Aussi paraît-il évident que la satisfaction des instincts artistiques peut être considérée comme l'un des moyens les plus sûrs de ne pas périr tout entier.
En Normandie, en Bretagne, voire même dans les environs de Paris, le
nombre des édifices religieux bâtis durant le cours du xvr° siècle balance tout au
moins, lorsqu'il ne le dépasse pas, celui des édifices civils. Mais, dans le Maine, il
n'en est pas tout à fait de même. Tandis que les églises, sauf dans un rayon : peu étendu autour de la Ferté-Bernard, demeurent à peu près ce qu'elles étaient déjà depuis longtemps, presque tous les châteaux subissent une transformation plus ou moins complète. Nous n'en finirions pas si nous voulions ne rien négliger, passer en revue aussi bien les constructions du temps de François I® que celles du temps de Henri IV. Si les premières sont les plus belles, si par des ornements multiples elles arrivent à un effet de richesse qui sied à leur élégance; les secondes, grâce à des lignes savantes et bien étudiées, font naître un sentiment de grandeur et de majesté. On ne s'étonnera donc pas qu'après avoir admiré Saint-Ouen, le Lude et le Rocher, nous tournions les regards vers Foulletorte et Montécler. Toutes les transformations de l’art sont à noter, et c'est en ne négligeant rien de ce qui peut nous instruire que nous arriverons à déterminer la part du Maine dans le grand mouvement provoqué par ses princes,
mais auquel sa situation géographique et des habitudes traditionnelles ne lui ont
r. Léopold et Robert Charles, Histoire de la Ferté-Bernard, 1877, p. 115. 2. Eugène Müntz, les Précurseurs de la Re