‹ La renaissance en France (volume 3)Chapitre 18 sur 37 · Sur un des contreforts de l’abside · texte numérisé non relu

Sur un des contreforts de l’abside

quatre à quatre autour d’un noyau ement compler, servent à recevoir

les différentes rerombées des arcs.

possible pour qu'aussitôt on affirmât sa réalité. Or chacun sait, d’une part, que le grand architecte travailla longtemps dans le voisinage au célèbre château d'Anet, de l'autre, que parmi les titres dont il aimait à se parer figurait, au premier rang, celui d'abbé d'Ivry :.

Mais à cela nous répondrons qu'à moins de documents certains on ne peut attribuer à un maître ce qui manifestement est en désaccord avec son habituelle manière de faire. Si Philibert de l'Orme eût seulement fourni le plan de l'église en question, nous ne verrions pas, par exemple, la corniche d'un entablement dorique, privée de la plupart des membres dont elle se compose, s'appuyer directement sur la frise qu'elle ombrage à la manière d'un appentis. Très certainement l'architecte qui, durant le xvi siècle, a peut-être le plus cherché la correction ne saurait, dans la circonstance, être mis en cause. C'est d’un autre côté qu'il faut tourner les yeux, si toutefois il y a intérêt à connaître l’auteur d'une œuvre qui ne se recommande guère à notre admiration.

Transportons-nous maintenant au Grand-Andely, de l'autre côté de la Seine, et, pour un moment, examinons le portail latéral de l'église Sainte-Clotilde. Le sujet est intéressant, car il permet de se rendre compte des changements opérés en assez peu de temps dans l'architecture religieuse. Ainsi, sur les côtés, les contreforts ou les tourelles d'autrefois sont remplacés par deux ordres superposés de colonnes accouplées encastrant des niches*. Il n'y plus de gâble au-dessus de fa grande arcade à tympan dont le fond, néanmoins, est toujours découpé en deux baies séparées par un trumeau; mais un entablement complet traverse toute la façade. Même disposition se répète à la partie supérieure où une galerie court en avant du pignon rejeté au second plan. Quant aux petits frontons qui se détachent à droite et à gauche, ils constituent un couronnement particulier, sans rapport avec les grandes lignes de l'ensemble.

L'architecte du Grand-Andely était visiblement préoccupé des moyens propres à empêcher avant tout que les cintres de ses arcs ne vinssent pénétrer les entablements qui les surmontaient. D'autre part, comme il ne pouvait donner à certaines colonnes plus d'élévation que leur module ne le permettait, force était

bien de chercher une combinaison en dehors des règles établies. C’est ce qui

r. L'abbaye d'Ivry, située en deh e de ce nom, sur les bords de la rivière, constituait un riche bénéfice

portail de l'église, orné de sculptures

é à Philibert de l'Orme en 1548. Iln’e

qui fut do ste plus aujourd’?

du x1r°

L'ordre inl ionique et celui du pr

ier étage corinthien, Cf. l'Art architectural en France, par

e E. Rouyer et B, Baïllet donne l’ensemble du portail.

, t I, p. 34. Une grande planche double sig

explique l'introduction de coussinets épais entre les chapiteaux du premier ordre et l'architrave qui devait reposer directement sur eux. Pareille licence n’a eu pour but que d'éviter un mal plus grand encore et l'on se trompe singulièrement quand on met au compte d'une suprême recherche d'élégance un simple arran-

gement imposé par la nécessité’. De même les colonnes du second ordre

n'entrent-elles pas dans la catégorie de celles qui « se font et conduisent par

pieces et assiettes, avecques tels ornements qu'on vouldra, pour cacher les commis-

sur. »? Elles ne présentent, vers le tiers de leur hauteur, qu'une assise basse richement décorée, analogue aux bagues du moyen âge’. Car on n'avait pas attendu jusqu'au xvi‘ siècle pour dissimuler adroitement la jonction de deux morceaux de fûts et la belle invention de Philibert de l'Orme n'a rien à voir en tout ceci

Du reste, quoi d'étonnant à ce qu'un détail soit emprunté à l'ancienne pratique, lorsque l'ordonnance générale diffère si peu de ce qui était la règle depuis ongtemps? L'architecture romaine, que nous sachions, n’a jamais connu ces grandes baies circulaires, à châssis de pierre plus ou moins compliqués, que l'on est accoutumé d'appeler roses et quant aux portes divisées par un trumeau, les hommes les plus compétents ne croient pas pouvoir en faire remonter l'origine au delà du xr siècles. Donc le portail du Grand-Andely n'est pas une œuvre qui soit complètement étrangère à tout ce qui l'entoure. Si la forme a changé, le fond demeure le même que précédemment. Nous ne sommes encore que dans es dernières années du règne de Charles IX et il faut attendre jusqu'à celui

de Henri IV pour que les édifices religieux subissent la transformation radicale à

aquelle ils ne pouvaient se soustraire indéfiniment.

Quoi qu'il en soit, il est incontestable que nous nous trouvons en présence d'un architecte de grand talent et l'on à eu raison de vanter « l'agencement général des différentes parties, tout aussi bien que les détails de l’ornementation ». Jusqu'ici, en dehors de la belle façade d'Othis, longuement étudiée dans notre premier volume”, nous n'avons rien vu qui puisse mieux servir à fixer les

1. L'Art architectural en France, t. I, p. 35.—M. Darcel prétend que les colonnes de la petite gal de la rose, sont traité

s de la même façon que celles du grand ordre du rez-de-chaussée. C'est une erreur;

en cet endroir, s'appuie directement sur les chapit

auxquels correspond seulement un changement dans la décoration de la frise.

. Le premier tome de l'Architecture, de Philibert de l'Orme, 1568, p. 216 v°.

ané de P'Architecture française, t. IL, p. 59-63.

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