‹ La renaissance en France (volume 3)Chapitre 19 sur 37 · Pages · texte numérisé non relu

Pages

idées relativement au développement de la Renaissance entre les années 156$ et 157$. Chose singulière! dans les deux édifices se rencontrent même des dispositions d'un caractère tout particulier. C'est ainsi qu'au lieu de retomber sur de simples pieds-droits, les archivoltes, à l'entrée, ont pour support de véritables

cariatides. Mais quant à voir dans cette substitution une réminiscence du

moyen âge, il n'y faut pas songer’. Jamais les saints placés dans des niches aux portails des églises n'ont joué un rôle si franchement incompatible avec le respect qui leur est dû, et l'antiquité seule a fourni le modèle que nous avons sous les yeux. Du reste, toutes ces figures, au nombre de six, sont admirables et le sculpteur, qui les à dégagées de la pierre avec leur ferme attitude et leur physionomie résignée, se montre évidemment tourmenté du désir de marcher sur les traces de Jean Goujon. Les draperies dont il enveloppe ses types féminins font surtout songer au maitre, car, par une heureuse inspiration, un peu de diversité a été introduite dans ce genre de supports et tandis que d'élégantes jeunes filles se dressent au flanc des

deux portes, des statues d'hommes sont placées sous le grand arc extérieur :.

Si nous en jugeons par ce qui s'est passé à l'époque de la Renaissance, on court grand risque de se tromper lorsqu'on veut enserrer dans des limites trop déterminées telle ou telle évolution de l'art architectural. 11 faut un temps assez long pour qu'une nouvelle manière de procéder soit universellement acceptée et certains édifices, bien que portant la même date, présentent parfois des caractères absolument différents. Qui ne se rappelle les progrès accomplis à Tillières dans les dernières années du règne de François 1”, l'avance extraordinaire prise, pour ainsi dire, sur tout ce qui se faisait ailleurs et le mouvement qui s'ensuivit d’un côté jusqu'à Serquigny et de l'autre jusqu'à Laigle ? Eh bien, c'est un édifice con-

temporain de toutes ces merveilles que nous trouvons, à notre grande surprise,

Page 1