Undi cathédrale de Rou
6e par Becquet
, 1823, pl. I.
dérons l'œuvre en elle-même, car il est difficile de trouver un arrangement à la fois plus riche et plus élégant ‘.
Peut-être nous sommes-nous étendu un peu trop longuement sur les travaux exécutés à la cathédrale de Rouen durant la première moitié du xvr siècle; mais, d'un côté, rien n’est agréable comme de savoir à qui parler, d'être parfaitement renseigné sur les artistes à qui sont dues telle ou telle partie d'un édifice, et, de l'autre, nous croyons que le point de départ de la Renaissance dans la haute Normandie, en ce qui concerne les monuments religieux, se trouve à la Tour de Beurre. C'est là, sous l'influence des grandes constructions de Gaillon et à l'instigation du cardinal d'Amboise que l'architecture dévia tout à coup de ses anciennes traditions. Non seulement ses ailes furent coupées et son vol abaissé, mais encore un esprit différent pénétra l'ornementation qui n’est plus gothique qu'en apparence. Une fois sur cette pente, naturellement, on devait aller vite et nous voyons qu'à la façade, les arabesques ont déjà fait leur apparition. Quant à la flèche, elle appartenait entièrement à la nouvelle école et c'est pour nous une raison de plus de regretter sa destruction. Robert Becquet, qui critiquait si vivement les bigarrures chez les autres, ne pouvait chez lui leur faire
bon accueil® et, d'ailleurs, le temps était venu où les résistances trop sou-
vent apportées au bon vouloir des architectes ne se faisaient presque plus sentir.
Car il faut bien reconnaître que durant de longues années une certaine super-
stition religieuse s'attacha aux formes du moyen âge. On ne croyait pouvoir
répondre aux sentiments des masses qu'en persistant dans l'emploi de l'arc en
tiers-point et, sauf de rares exceptions, relativement aux églises, le mode de
bâtir, jusqu'au milieu du xvi siècle, tout au moins, ne différa que bien peu de celui en usage au temps de Louis XI ou de Charles VIII. Voyez plutôt, à Rouen, le chœur de Saint-Vincent que Guillaume Touchet éleva de 1$11 à 1530, ou mieux encore la tour Saint-André bâtie, de 1$41 à 1546, par Robert Frenelles *. Seuls, Jean Delarue, à Saint-Martin-sur-Renelle, et l’auteur inconnu de la tour Saint-Éloi osent quelque peu, suivant l'expression d'un contemporain, mêler
l'antique au moderne‘; mais cette tentative, loin de satisfaire le public, ne fait que
1. Le pignon de la chapelle est surmonté d’ure statue de la Vierge en plomb, payée 20 livres à l'imagier Nicolas