CHATEAU D'APREMONT
pratique et la patiente observation sont parvenues à nous procurer d'inépuisables jouissances, que d'opérer des déplacements, de changer certaines relations, de bouleverser des combinaisons pour le vain plaisir d'étaler un dilettantisme tout pa
d’être respecté et les précautions prises pour assurer une conservation relative
ticulier. Un monument, quelque délabré qu'il soit, n'en mérite pas moins
peuvent difficilement entrer en balance avec un acte de vandalisme trop avéré. ur 6
Après cela on ne s'étonnera pas que nous jugions avec quelque sévérité le
transport au logis de Terre-Neuve, près Fontenay-le-Comte", de toutes les
parties ornementées du château de Coulonges-les-Royaux. Vus à une distance
beaucoup moins considérable du sol, les caissons du grand escalier perdent sin-
gulièrement de leur valeur. Ils ne sont plus à l'échelle et l'on se sent comme
écrasé sous cette masse de sculptures si peu faites pour un salon*. De même la porte de la chapelle avec ses colonnes cannelées, son linteau à patères et
son fronton haussé sur une sorte de cippe, paraît-elle disproportionnée
bucrânes ettrop proéminente. Sa place était à l'extrémité d’une galerie, sous des voûtes élevées, dans un milieu propre à la recevoir ÿ.
Très certainement, durant les trente ans que l'on travailla presque sans relîche au château de Coulonges-les-Royaux#, sculpteurs et ornemanistes se suCccédèrent en grand nombre. L'intérêt présenté par les comptes, s'ils existaient,
serait donc considérable; nous y puiserions des renseignements précieux pour
déterminer l'origine de tels ou tels motifs qui, en dépit d'une conception générale assez uniforme, ne laissent pas de conserver une véritable originalité. Les deux lettres I. M. disposées en monogramme sur le manteau d'une cheminée permettent seules de conjecturer que Jean Morison n'est peut-être pas étranger aux derniers perfectionnements apportés à la demeure de Louis d’Estissac *. En 15686, le maître fontenaisien qui, très probablement, comme la plupart des artistes contemporains, savait, suivant les cas, manier l'équerre et le ciseau, a bien pu exécuter une œuvre dont aucune partie ne révèle un talent extraordinaire. Pour notre part, au point de vue de la composition principalement, nous préférons de beaucoup les innombrables caissons qui tapissaient le dessous des rampes droites de l'escalier en même temps que le plafond des paliers. Il y a là jusqu'à cinquante-huit motifs absolument différents et l'œil ne considère pas sans quelque surprise ce prodigieux effort d'imagination 7.
Comme toutes les grandes constructions du même genre, le château de
1. Ancienne habitation de Nicolas Rapin, bâtie, en 1595, dans un style assez modeste, par Jean Morison, archi-
tecte foncenaisien,