‹ La renaissance en France (volume 5)Chapitre 29 sur 55 · Comptes des bâtiments du Roi, t. Il, p · texte numérisé non relu

Comptes des bâtiments du Roi, t. Il, p

7 te. Qui seront les unes de quatre piedz de long, les autres de trois piedz de long, les autres de trois piedz et demy aussi de long et de deux pieds et demy de large, le tout de quatre poules d'espoisseur ou environ, taillées et portans enfoncemens en manière de noue,

insi qu'il appartient, etc. » Comptes des bâtiments du Roi, t. Il, p. 293

Chambigez », ne laisse aucun doute sur l'origine des toitures en terrasse qui donnent au château de Saint-Germain en Laye un caractère si particulier. Quelque chagrin que la chose puisse occasionner aux partisans de l'influence italienne, il faut bien: se rendre à l'évidence et reconnaître la main d’un architecte français dans cette prétendue innovation. Car — on semble trop l'oublier — Ia plupart des édifices élevés, durant le moyen âge, soit en Provence, soit en Auvergne, pour ne citer que ces deux provinces, étaient couverts au moyen de rangs de dalles

superposées. Et ce qui, dans le midi et dans le centre, se présentait comme la règle

générale, ne laissait pas que d'être pratiqué un peu partout à titre d'exception.

Des terrasses existent non seulement sur les bas côtés des églises de Chaumont et

de Poissy, par exemple, mais encore sur ceux de Notre-Dame de Paris’. Pierre Chambiges n'a donc pas eu besoin de chercher au loin ses modèles ; il s’en trouvait autour de lui en nombre suffisant. D'ailleurs, on a bien tort de croire que cet habile architecte ait attendu d'être appelé à reconstruire le château de Saint- Germain en Laye pour rompre, dans un édifice important, avec la tradition des toitures aiguës et des hauts pignons. Les gravures de Du Cerceau à la main, il est facile de prouver que le système de couverture, dont le plus brillant spécimen a donné prise à ce débat’, avait été inauguré à Challuau plusieurs années auparavant.

En dernier lieu, s'il est vrai que les Italiens aient abusé des tirants pour empécher l'écartement des murs, chaque fois qu'ils ont eu à. jeter une voûte sur un espace tant soit peu considérable, il ne s'ensuit pas que partout où se rencontre cette marque de faiblesse il faille immédiatement songer au peuple le moins constructeur des temps modernes. La seule chose extraordinaire que l'on puisse signaler à Saint-Germain en Laye, c'est l'emploi à demeure’ de ce qui était usité chez nous, au moyen âge, comme moyen provisoire, dans les édifices à trois nefs, de maintenir la poussée des voûtes basses sur les piles intérieures, avant leur chargement*. Néanmoins, quand on considère, d'un côté, à quelle hauteur sont bandés les ares’, la largeur des divers corps de bâtiments, le poids énorme des terrasses en

. Viollet-le-Duc, Dict. rais. ve. Dallage, t, V, p. 20-24.

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