On ne peut savoir, die M. Sauv
geot, si l'architecte q 6 le chäteau de Saint-Germain a cherché dans
sa construction, par l'emploi de la brique, une sorte de progress
existence de nombreuses parties de pierres peintes en brique permet difficilement de croire à cette supposition. Le rez
de-chaussée (dans la cour) est d’un ton en-
tièrement blanc, sauf l'arc des fenêtres, qui commence à trancher en couleur foncée. A l'entre-sol, la couleur rouge devient
plus sensible; le contrefort est bien encore de pierre, mais la fenêtre tout entière est de brique, ainsi que la voûte en
berceau qui porte le balcon du premier étage. Cet étage, ainsi que le second, est entièrement en matériaux colorés et parties f ge, ,
enduites, à 1
eption des corniches et des balustrades qui sont de pierre. La question de couleur nous semble s'allier parfaitement ici avec la ra
n de solidi
. L'architecte, en effet, n'a employé la brique, matière inférieure et de qualité médiocre, qu’au fur et à mesure de la construction, et à mesure aussi que la charge à porter allait diminuant. Malheureu-
sement, ces idées saines et parfaitement raisonnables n'ont pu être suivi
s dans toutes les parties de l'édifice; l'extrémité
orientale de la cour et une partie des façades en retour possèdent seules des éperons de pierre au rez-de-cha Les res-
sources venant probablement à manquer, on aura été conduit à se servir, pour le reste, de moellons et de briqu
comme
dans la partie supérieure du château. Aussi des tassements se sont-ils produits, et voit-on, dès à présent, les ficheux effets
de cette parcimonie, » Palais et chäteaux, etc., t. IL, p. 104.
3. Jusqu'à mi-partie de sa hauteur le château de Saint-Germain en Laye conserve extérieurement les traditions du moyen âge. Au-dessus d’un soubassement robuste qui plonge dans les fossés, règne, en effet, un véritable chemin de ronde porté sur des corbeaux formant mâchicoulis. On dirait une enceinte féodale, derrière laquelle appar deux étages supérieut
seulement les
en
de la brillante cons
uction imaginée par Pierre Chambiges. Aujourd’hui le chemin de ronde dont nous avons parlé est couvert par une terrasse ec la transition se trouve ainsi mieux ménagée, mais autrefois un toit fortement incliné figurait à cette place, ainsi que le démontrent les gravures de Du Cerceau,
4 Il en était du moins autrefois de la sorte, avant les singulières restaurations entreprises par M. Miller. Cet
architecte, dans le but de donner à l'édifice plus d’uniformité, n’a rien trouvé de mieux que de reproduire à l'extérieur les contreforts qui se voient dans la cour.
5 Sauvageot, Palais, châteaux, etc., t. IL, p. 90.
fenêtre est ouverte entre eux, changent trop facilement des travées étroites en un double étage de niches profondes. Mais, ce défaut même admis, la cour de Saint-Germain en Laye, avec ses lignes savamment étudiées, l'originalité de sa conception et la parfaite unité de style présentée par toutes ses parties, n’en demeure pas moins l’une des pages les plus magistrales de l'architecture française. Et remarquons-le bien, Pierre Chambiges avait à lutter contre les difficultés d'un plan imposé ; il lui fallait trouver mille combinaisons, tantôt pour dissimuler certains angles disgracieux', tantôt pour couper la monotonie de lignes forcément trop étendues*. Aussi ne savons-nous qu'admirer davantage en cette occasion, de sa grande souplesse ou de sa prodigieuse originalité?.
Bien que le château de Saint-Germain en Laye ne nous soit pas parvenu dans son intégrité première, au moins l’état dans lequel il se trouve fournit-il tous les éléments d'une restauration à peu près certaine*. Sans les gravures de Du Cerceau, au contraire, il serait impossible, à cette heure, de se représenter un autre chà-
teau, connu sous le nom de la Muette*, dont François I® confia également la con-
struction à Pierre Chambiges®. Depuis un siècle environ les ruines même ont dis-
aru”, et la chose est d'autant plus regrettable que nulle part ailleurs peut-être ne EAU P 8 q 1 Ê