LE PETIT CHATEAU DE CHANTILLY
Vue prise du côté du jardin
que du Cerceau a consacrée à la représentation de ce qu'il appelle : Faces par le dehors, c'est-à-dire l'ancienne entrée, démolie quelques années avant la Révolution, par ordre du prince de Condé‘. De chaque côté du portique
central, les fenêtres coupent également la corniche et, comme dans les longues
façades de Chantilly, se détachent en partie sur le toit. Seulement, le rezde-chaussée présentant un mur plein; il n'y a pas ici superposition d'ouver-
ture, aussi la confusion signalée plus haut ne peut-elle exister.
En dernier lieu, si l'on examine, à Écouen, la loge en avant-corps qui donne sur la grande terrasse, il est difficile de n'être pas frappé du bizarre agencement de l'étage supérieur. Là encore tout l'entablement se trouve interrompu, et le cintre d'une large baie tend à pénétrer dans le fronton. Sur ce point, comme il était naturel, à Chantilly il y a progrès en un certain sens, car l'opération est faite. La surface, jadis destinée à recevoir une décoration quelconque, à former couronnement, est envahie par la base, profondément échancrée, et le rôle des deux rampants appliqués presque directement sur l'archivolte des fenêtres devient quelque peu problématique.
De l'analyse que nous venons de faire il résulte évidemment à nos yeux qu'il existe, entre les deux habitations élevées par le connétable de Montmorency, de tels liens de parenté, que l'architecte de la première ne saurait être étranger à la seconde. Tout autre maître n'aurait pas été prendre justement à Écouen les défauts sur lesquels nous nous sommes appesanti à dessein, pour les développer avec cette fermeté de conviction qui n'appartient qu'aux inventeurs. Il eût établi un compromis entre ce qu'il empruntait à Jean Bullant et ce qui provenait de son propre fonds, et nous retrouverions en formation, quelque part ailleurs, au moins certaines combinaisons mises en pratique au petit château. L'absence de toute filiation autre que celle indiquée dans ce travail est donc une preuve irréfutable, croyons-nous, de la vérité de notre assertion ’.
Jean de Sarcus, nous l'avons vu, désirant se créer une demeure plus en harmonie avec le temps où il vivait, n'avait trouvé rien de mieux que de faire subir au vieux château de ses pères une entière transformation. C'est également de cette manière que crut devoir procéder, à Chantilly, le dernier baron de Montmorency. Partagés entre les souvenirs de la féodalité et les aspirations
nouvelles, ces deux seigneurs avaient cherché à satisfaire les unes sans trop se
départir des autres. À leur époque, la distinction entre le château forter.
le château résidence n'était pas encore faite. Bien que l'on ne songeât plus
sérieusement à se défendre derrière des murs trop faibles et nullement édifiés
engins de destruction, on aimait encore à s'en-
pour résister aux modernes tourer d'un certain appareil militaire, à faire montre de droits bien amoindris. Mais dans la seconde moitié du xvi° siècle, à partir du règne de Henri Il, les
idées, sous ce rapport, se modifièrent à ce point que tout ce qui rappelait le