‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 104 sur 236 · LE MAÇON DU CHATEAU DU VERGER (ANJOU · texte numérisé non relu

LE MAÇON DU CHATEAU DU VERGER (ANJOU

« par des courtines surmontées d’un chemin de ronde et qui formaient une « haute enceinte bordée extérieurement de larges douves vives, à revêtement de « briques. Un pont-levis, entre deux tours rondes, à plate-forme rase, donnait « accès dans la première cour, fermée à droite par le logis des cavaliers, à « gauche, par le quartier des gens de pied. Une nouvelle douve vive, couronnée « d'une balustrade à jour et franchie par un second pont-levis, précédait le « vaste logis transversal, contenant la galerie des fêtes, dite de Vénus.

« L’escalier, ouvrant au centre, était couronné d’une statue équestre du maréchal « de Gié, et, au-dessus, d'un joli beffroi entre deux tourillons, armorié de « gueules à neuf macles d’or posées par trois en pal. A cette façade principale « de la cour d’honneur correspondait, relié par les appartements particuliers « des officiers et des demoiselles, un second corps de logis parallèle, qui « comprenait la salle de comédie et la chapelle domestique, avec une galerie « supérieure communiquant à la chambre du roi et à la chambre du conseil. »

Le portique d’entrée, contenant la statue équestre du maréchal de Gié, avec une inscription commémorant la campagne d’Italie de i5oa et son second mariage, en i5o3, était, d’après la description qu’en donne Montfaucon, avec une reproduction graphique de Seroux d’Agincourt (i), une fort belle œuvre, inspirée, évidemment, dans son architecture, sa décoration et son inscription (2), de la porte de la façade Louis XII du château de Blois, ornée d’une statue équestre du roi, qu’accompagne une inscription rédigée par Faustus Andrelinus.

Le maréchal de Gié avait réussi, grâce au talent de Colin Byart, à faire du Verger, suivant l’expression de l’auteur des « Mémoires de Fleuranges », « une des plus belles maisons de France ». En 1499, cette résidence princière était achevée et aménagée. Le maréchal y recevait, en février 1499, pendant trois jours, Louis XII et Anne de Bretagne, venant de Nantes où avait été célébré leur mariage. Georges Ier d’Amboise faisait partie de la suite des souverains. Il allait, peu de temps après, confier à Colin Byart la mission de contrôler les travaux d’architecture de Gaillon. L’impression qu’avait dû produire sur le fastueux cardinal le nouveau château du Verger, par son originalité et par sa beauté architecturales, ne fut certainement pas étrangère au choix qu’il fit de l’habile maître maçon; il l’avait vu, en outre, à l’œuvre au château de Blois, que Louis XII, dès son avènement au trône, avait décidé de reconstruire.

On peut penser que Colin Byart fut employé aux travaux de construction Le prieuré du Verger de prieuré du Verger, bâti de 1490 à 1493, qui était également célèbre autrefois, et dans la chapelle duquel Pierre de Rohan avait fait élever, de son vivant, son tombeau, orné de sa « ressemblance en albastre »; et, sans doute aucun, le maréchal dut faire appel aux conseils du maître d’œuvre du Verger pour les

(1) Montfaucon : Monuments de la Monarchie française, t. III, p. 142-143.

(2) L’inscription fut placée postérieurement à la construction du portique sur lequel était gravée la date de son achèvement : 1499.

Page 1