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CHAPITRE SIXIÈME

« à des enlacements de fleurs et de fruits. Aux trois cinquièmes de leur hauteur « ces ornements cessent et un cul-de-lampe formé, pour ainsi dire, d’un faisceau « d’oiseaux fantastiques, vus de face, supporte une statuette. L’entablement, « presque dénudé de ciselures, se contre profile en saillie au-dessus des pilastres « et de la clef de l’archivolte.

« La frise avait jadis une inscription dont on ne peut plus distinguer que « les trois lettres du commencement I O B et les trois chiffres de la fin XIX. Les « tympans, encadrés de cymaises à palmettes, renferment chacun un médaillon « ovale, dans lequel on distingue encore un écusson orné d'arabesques légères « et couronné de fleurs de lis. Le milieu du fronton est occupé par un médaillon « ovale, parfaitement lisse. Deux figures, assises sur le larmier de la corniche, « s’appuyent de chaque côté sur ce médaillon. »

Hypothèse d’attribution M de Buzonnière nous dit(i)que le portail monumental du Grand cimetière

a^iart. . présentait une analogie frappante avec le portail de Saint-Eloi, également du portail de Saint-Eloi. .. . ,.r . . . ,

disparu aujourd nui, avec 1 édifice tout entier qui fut démoli au milieu du

xixc siècle. N’en pourrait-on, avec beaucoup de discrétion, à titre de simple

indication de recherches à orienter dans ce sens, émettre l’hypothèse que Charles

Viart aurait bâti ce portail, réputé jadis un pur chef-d’œuvre d’architecture et

de sculpture, et décrit avec lyrisme dans une monographie par cet érudit, qui

ne se lasse point d'en vanter la belle ordonnance, la délicieuse ornementation,

et les ciselures de pierre incomparables, faisant songer à un travail d’orfèvrerie?

« Ce portail se composait de deux parties distinctes, harmonieusement « encadrées l’une dans l’autre, savoir : un portique plein cintre à pilastres, « appliqué et faisant saillie sur le plan du mur, et la baie proprement dite, « tracée, au contraire, en retrait, et inscrite, avec ses jambages, son arc en anse « de panier, sa corniche et tous ses accessoires, dans le parallélogramme compris « entre les pieds droits du portique et une ligne tirée de l’une à l’autre de « leurs impostes. »

L’écrivain signale soigneusement, comme un caractère distinctif de l’œuvre, les chapitaux de fantaisie superposés des pieds droits du portique, en forme de pilastres, les trois étages de statuettes posées, les premières sur des piédestaux, les secondes sur des culs-de-lampe formant dais et socles à la fois, et les troisièmes abritées par un dôme léger et étroit. Ces particularités de l’ornementation du portail Saint-Eloi font songer immédiatement à celles du même genre constatées déjà dans la façade de l’Hôtel de Ville; elles viennent ainsi donnera l’hypothèse en question une première apparence de justification artistique, au défaut de documents d’archives.

L'Hôtel de Ville En iS-zâ, les échevins de la ville de Beaugency, se trouvant trop à l’étroit

de Beaugency. dans le local affecté, d’ancienne date, à leurs délibérations, se firent autoriser par les habitants à acheter l’auberge de la Croix-Blanche, située dans la rue du

(1) M. de BrzoNVifeRE : Ibidem, p. 18.

Hôtel de ville de Bealgexcv

Œuvre de Charles Viart

CHARLES VIART

Change, vis-à-vis du jeu de paume de la comtesse de Dunois, pour faire construire sur son emplacement un Hôtel de Ville neuf.

Pour les plans et la construction de l’édifice, ils s’adressèrent à Charles Viart, que l’Hôtel de Ville d'Orléans et la salle Saint-Lazare de l’Hôtel-Dieu avaient mis en grand renom.

La façade de l’Hôtel de Ville de Bcaugency comprend un rez-de-chaussée et deux étages. Au milieu du rez-de-chaussée s’ouvre la porte d’entrée, à plein cintre, flanquée de deux colonnes d’ordre corinthien, et surmontée de deux petites fenêtres à plein cintre géminées. A droite et à gauche de la porte d’entrée s’ouvrent deux larges baies en arc surbaissé, à doubles meneaux, et de dimensions inégales; dans les écoinçons, sur le plein du mur, sont encastrés quatre médaillons avec bustes d’hommes et de femmes. Le premier étage est divisé, par des pilastres délicatement ornés, en cinq travées; les deux extrémités sont des panneaux de mur plein semés de fleurs de lys, et les trois autres, des fenêtres aux chambranles et meneaux couverts d’élégantes arabesques. Les allèges des fenêtres, formant chacune deux panneaux, sont ornées des armoiries du cardinal de Longueville, seigneur de Beaugency, de François, comte de Dunois, son père, du duc de Longueville, son frère, et de la salamandre couronnée de François Ier, qui, sans aucun doute, accompagnait, jadis, le chiffre royal. Audessus du premier étage, est une corniche à coquilles, modillons et métopes, décorés d’autant de motifs dilférents. Enfin, au deuxième étage, une large balustrade de pierre ajourée forme balcon, portant à ses extrémités une échauguette en encorbellement, aux culs-de-lampe délicatement sculptés, qui continuent le décor de la corniche. Un haut toit incliné surmonte l’édifice.

La date de la mort de Charles Viart est fixée à 1 547. Son corps fut inhumé dans le Grand cimetière.

Des documents d’archives font mention, au milieu du xvi® siècle, d’un autre maçon du nom de Viart et portant le prénom de Pierre. On trouve son nom dans la minute du Compte de forteresse rédigé par Henri Guilloreau. Il y est désigné ainsi : « Pierre Vyart,maistre maçon et tailleur de pierre » ; il dirige, en qualité de maître des œuvres de la Ville, les travaux de la tour Gouvernante ; en 1 542, il construit un quai « à monter en la grant salle du corps neuf de l'Hostel « de la communité de la dicte Ville, ayant vue sur la rue Saincte-Katerine ».

Quelle était la parenté entre Charles et Pierre Viart? On l’ignore encore. Le titre de maître des œuvres de la Ville que Pierre porte, et la date de 1542 qui le concerne pour un travail exécuté au nouvel Hôtel de Ville, autorisent à supposer qu’il pourrait bien être le fils ou le neveu de Charles. Les survivances sinon les successions de cette fonction entre père et fils, oncle et neveu, sont très fréquentes, et même, peut-on dire, habituelles.

Description de l’édifice

Mort de Charles Viart

Pierre Viart.

Ainsi, se bornent à deux noms, ceux de Charles et Pierre Viart, les

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