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CHAPITRE DIXIEME

Gatien Fordebraz maître d'œuvre du château d’Amboise.

Louise de Savoie sa château d'Amboise.

Le château de Blois et Louis XI T.

Simonnet Guischart maître d’œuvre du château de Blois.

L’architecte du château d’Amboise pendant cette période était un maître maçon de la vallée de la Loire : Gatien Fordebraz. Dans une quittance en date du ii juillet i5oi, il se qualifie lui-même « maistre maçon de l’édifiice et bastiment du chastel d’Amboise » (i).

Lorsque Louis XII eut cédé le château d’Amboise à Louise de Savoie, pour qu’elle en fit sa résidence ordinaire et celle de son fils, le duc d’Angoulème, la célèbre princesse y fit exécuter d’importants travaux. Le corps de logis de l’aile en retour d’équerre joignant la grosse tour du nord et les bâtiments de Charles VIII était surélevé d’un étage; mais cette construction ne fut terminée que sous le règne de François Ier, dont la salamandre et le chiffre royal ornaient encore, au commencement du xixc siècle, les pinacles des lucarnes. Ces travaux auraient été dirigés successivement par Gatien Fordebraz, et par Antoine de Troyes, que des documents des archives d’Amboise mentionnent comme ayant donné une gratification « aux compagnons menuisiers pour les faire avancer », et comme ayant fait procéder à l'aménagement intérieur du château d’Amboise et à « l’enlèvement de vidanges et terriers » (2). Nous retrouverons un peu plus tard Antoine de Troyes au château de Chambord comme maître d’œuvre, auteur d’une partie de l’édifice. On ne peut, à cette époque de l’histoire du château, relever aucune trace d'intervention d’architectes ou maîtres maçons italiens.

Dès son avènement au trône, le 7 avril 1498, Louis XII se préoccupa de reconstruire le château de Blois, « lieu de sa nativité, où il avait été nourri tout son jeune âge». Déjà, Charles d’Orléans, avant et après sa captivité en Angleterre, au milieu du xvc siècle, l’avait réparé et fort agrandi; mais, si cette résidence était vaste au point de pouvoir loger plusieurs milliers d'hommes et de chevaux (3), et, suivant l’expression pittoresque de Froissart, était « plantureuse », elle n'avait point le caractère artistique, ni le confort qui convenaient à un château royal. Le roi confia la surintendance des bâtiments à François de Pontbriand, qui remplissait la même fonction au château d’Amboise, et nomma comptable des travaux Jean Serine, qui avait été attaché, lui aussi, à la maison d’Orléans, et était procureur général du comté de Blois.

La direction des travaux, avec le titre de « maistre des ouvrages du comté », fut donnée à Simon ou Simonnet Guischard, qui, pendant un fort long temps, avait fait la suppléance de Guillemin Cadot, valet de chambre de Louis II d’Orléans, devenu impotent. Dans un acte, en date du 18 août i5o6, Simonnet Guischard reçoit l’ordre de « faire faire les travaux nécessaires au chastel de

(1) La quittance est d’une somme de 10 livres 6 sous deniers tournois « pour 52 journées par luy « faictes de son mestier pour le dit édiftice aux movs d’avril, may et juin 1501, à raison de 4 sous 2 deniers par jour. »

(2) Archives municipales d’Amboise, pièce analysée par Chevalier.

(?) Mn. us : Magasin encyclopédique, 1 St 2, t. 4?, p. 1S0.

LES MAITRES d’aMBOISE, BLOIS ET CHAMBORD 2 39

I Mois, aux barrières du dit chastel, aux ponts de Chambord et de la chaussée le Comte ». Pour avoir les terrains nécessaires à l’agrandissement du château, le roi dut révoquer d’importantes concessions accordées à deux personnages, notamment à Théodore Guarneri, dit Théodore de Pavie, médecin de Louis II d'Orléans.

En l’année 002, les travaux étaient assez avancés sur tous les points pour que, dans une lettre datée de Noël, Jean d’Auton put écrire que « le roi faisoit faire son château tout de neuf et tant somptueux qui scmbloit œuvre de roy » (i). On atteignait même, dans l’aile orientale, le sommet du corps de bâtiment, d’après un compte de fournitures de matériaux de constructions. (2)

A cette date de i5o2,ou voit apparaître dans les Comptes le nom d’un maître maçon dont le nom sera lié, à la fois, à l’histoire du château de Blois, et à celle du château de Chambord : Jacques Sourdeau.

Jacques Sourdeau naquit très vraisemblablement à Amboise, et vers 1470. Il fut amené à Blois par François de Pontbriant, qui avait apprécié son intelligence et son activité exceptionnelles. Le surintendant l’employa d’abord comme simple ouvrier; puis, il le promut au poste d’adjoint au « maistre des ouvrages». En i5o3, à la date du 21 juin, son nom figure sur un rôle, à ce titre, pour avoir fourni les marches d’un escalier et avoir entrepris l’approche d’une partie des matériaux de construction de l’aile orientale, où Louis XII et Anne de Bretagne eurent leurs appartements :

« A Jaques Sourdeau pour vingt et ung marches de vis de pierre de Loches « à quarante solz tour, pièce vall. 1. liv. ».

« A Jaques Sourdeau pour sept vingts deux voittures chaux et sablon viii liv. xvii s. vi d. » (3).

A la date du lundi 29 mars 1007, le Journal de la Chambre des Comptes de Blois fait mention que la Chambre ordonne «sur les rapports de M® Simonnet « Guichard, maistre des ouvrages du comté, et de Me Jaques Sourdeau, qu’il « sera payé à Adrian de Dampierre la somme de cent livres tournois, à « laquelle somme les dits Gyschart et Sourdeau ont estimé la maison qui a « esté prinse et unie à la grange où le roy a fait mestre son artillerie au chastel « de Bloys. « (4).

Ainsi, il n’est jamais question, dans les documents relatifs aux travaux exécutés sous Louis XII au château de Blois, d'architectes italiens; des maîtres

(1) Chronique de Jean d'Aulon, édition Lacroix, t. T, p. 327, et t. II, p. 24g.

(2) Rôle de payement d'ouvriers et de matériaux pour les travaux du château de Blois; Bibliothèque nationale, collection Villevieille, vol. 27, 'l itres originaux, n° 386.

(3) J. DK Croy : Ibidem, appendice, p. 191. — Rôle de payement d’ouvriers et de matériaux pour les travaux du château de Blois, 1502-1503. Bibliothèque nationale, collection de Villevieille, Fr. 26289.

(4) J. de Croy : Ibidem, p. 40. Archives nationales, K. K. 902, f" 54.

Jacques Sourdeau au château de Blois.

Aucun architecte italien au château de Blois sous Louis XII.

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