CHAPITRE DIXIÈME
Colin Byart et le château de Blois.
Jacques Sourdeau succède
à Simonnet Guischart dans la charge de « maistre des œuvres du comté de Blois ».
maçons français sont les seuls maîtres d’œuvre de la partie Louis XII du château de Blois dite, au xvie siècle: « le corps de la maison du portail ».
On reconstruisait en même temps la chapelle Saint-Calais. La Chambre des Comptes pouvait,, en i5o5, au mois de décembre, faire célébrer en l’église Saint-Sauveur « le service que on a coutume de fère en l’église du chastel « de Blois par chacun an le quatriesme jour de janvier, pour feu Mgr le duc « d’Orléans que Dieu absolve » (1).
Simonnet Guischard ou Jacques Sourdeau serait le maître d’œuvre de l'aile Louis XII et de la chapelle Saint-Calais. Le nom de Colin Byart a été aussi prononcé à ce propos; cette supposition est basée sur le passage de l'autobiographie de ce maître où il est dit qu’il fut invité par le maréchal de Gié « à veoir et visiter quelques œuvres du chasteau de Vespré (le Verger), et au chasteau d’Amboise et depuys au chasteau de Bloys ». En raison de l’analogie frappante qui existe entre le portail de Blois et le portail du Verger, comme dispositions architecturales et décoratives : statue équestre, inscription commémorative, etc., elle apparaît vraisemblable. La disparition des archives du château pour la période de 1 5oq à i5o 6 ne permet point d’émettre à cet égard d’autre opinion.
Par lettres patentes, datées d'Amboise octobre i5i6, la reine Claude concédait à « Jacques Sourdeau, maistre maçon, des ouvrages et réparations du « chasœl de Bloys (2), une place wide, située ou (au) long des faussez et fors- « bourgs du Fois, pour en jouir lui, ses hoirs et successeurs perpétuelment, y « édiffier et bastir maison, à charge d’en payer deux deniers de cens et douze « deniers de rente par toise carrée ». La même année, le roi confirmait cette concession, et la Chambre des Comptes de Blois déterminait les conditions dans lesquelles Jacques Sourdeau pourrait construire. En 1 5 1 8, dans les Comptes du receveur général de Languedoc et Guyenne, on lit que « Jacques « Sourdeau maistre maçon de l’œuvre du chastel de Bloys », reçut 200 livres tournois « pour plusieurs mises, fraiz et despenses qu’il a faictes pour les « réparacions tant de maçonnerie, charpenterie, couverture, menuiserie, «. serrurerie, que autres matières et estoffes fournyes et nécessaires ou (au) »< chasteau de Bloys (3) », à l’occasion delà venue du Dauphin François et de Mesdames Louise et Charlotte de France.
Le 8 août 1 5 1 5, Simonnet Guischart ayant résigné sa charge de « maistre des œuvres du comté de Blois », Jacques Sourdeau fut nommé à sa place par
(1) Archives nationales, K. K. 902, f“ 46, V".
(2) J. de Croy : Ibidem, appendice. Archives nationales, Q1 2 3 447.
(3) J. de Croy : Ibidem, p. 47. Archives nationales, K. K. 289, f° 521. « Tl s'agissait, en cette occasion, de remettre en bon ctat « certaines parties du château pour la venue à Blois du Dauphin et de Mesdames. » J. de C.
Aile François Ier du chateau de Blois. (Vue extérieure.) Œuvre de Jacques Sourdeau
LES MAITRES d’a.MBOISE, BLOIS ET CHAMBORD
la reine. Voici en quels termes le Journal de la Chambre des Comptes enregistre cette nomination :
« Du dit premier jour de décembre v1' xix Denis Sourdeau, fils de maistre « Jacques Sourdeau, au nom de son dit père, a présenté en la dite chambre des « comptes, où estaient présents les dits seigneurs des comptes, les lettres de « don et résignaccion faictes par la Reyne audit Simonnet Guischart, de l'office « de maistre des ouvrages du comté de Blois, datées du vm® jour d’aoust passé « et vérificcacion faite par Mgr Jaques Hurault, chevalier, général, etc., datées « du treizième jour d’aoust, aussi dernier passé, que le dit fils Sourdeau a « reprises pour bailler à son dit père (i).
C’est aussi a ce moment que Jacques Sourdeau fut appelé à Chambord sur la recommandation de François de Poritbriant.
Avant la découverte des documents établissant les droits incontestables de Jacques Sourdeau au titre de maître d’œuvre du château de Blois, L. de la Saussaye écrivait : « L’ordonnance de l’aile de François Ier, du côté de la cour, paraît avoir inspiré l’architecte du château de Chambord dans plusieurs de ses parties, notamment dans les escaliers extérieurs et les entablements » (2).
En 1 5 5 1 , Henri II ordonnait de « faire faire certaines réparacions au corps de logis neuf du château de Blois », et envoya de Paris pour les exécuter, Guillaume Vaillant, maître charpentier du roi. Ces réparations semblent avoir consisté dans le remplacement des bois des cloisons (3).
Dans la « Correspondance de Catherine de Médicis » (4) il est question de certains travaux exécutés au château de Blois. Le 10 octobre i56o, la régente écrivait aux gens de la Chambre des Comptes de Blois : « Vous regarderez « avec le contrôleur Sourdeau à faire refaire la galerie qui fut faite de bois « dernièrement, au long du logis du roi, mon fils, et qu’elle soit de quelque « belle façon et de quelque belle pierre de taille que l’on advisera de recouvrer « par là. »
En 1076, au mois de juin, on restaure la Grand’salle en vue de la session des Etats convoqués pour le i5 novembre; les travaux étaient évalués à 3o.ooo livres ; ils furent probablement exécutés par Claude Sourdeau, petitfils de Jacques Sourdeau, qui avait succédé à son oncle Jacques Coqueau, dans la charge de « maistre des ouvrages du comté de Blois », et dont il avait fait l’intérim pendant huit ans, à cause de ses infirmités et maladies (5).
(i/ Archives nationales, K. K. 902, f* 74, V".
(2) L. de i.a Saussaye : Histoire du château de Blois, p. 26.
(3) Le 17 août, la Chambre des Comptes met en vente « au plus offrant et dernier enchérisseur « les boys des cloysons du corps de logis neuf du chastel qui ont esté abattues, partie desquels est « dans la cour dudit chastel et l’autre partie encore sur le lieu ». Archives nationales, K. K. 902, f* 217. Cité par de Croy.