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Alix SUD DE L’HOTEL DE PlNCÉ, A ANGERS Œuvre de Jehan de I.espine
UN MAITRE ANGEVIN
des culs-de-lampes fixés aux parois de la cage d'escalier. Les clefs de la voûte représentent les signes du zodiaque, figurés par des personnages et des animaux. La vis est ornée de niches avec pilastres, dais et soubassement délicatement sculptés. Dans la salle basse, la disposition de la voûte, légèrement arquée, posant sur des nervures amorties par des culs-de-lampes, avec axes de berceaux parallèles aux diagonales du rectangle, dérive de la construction des voûtes romanes de l’Anjou (i). Dans la salle de l’entresol, les nervures de pierre supportant les dalles du plafond forment par leurs croisements des caissons dont les clefs portent des figures mythologiques. Des culs-de-lampe, d’un travail très fin, amortissent les nervures sur les murs. Afin de diminuer la portée des marches près de la rencontre des murs, le maître maçon a ingénieusement imaginé, aux angles de la cage, des trompes qui forment, à chaque révolution, un octogone régulier. Les salles s’ouvrent sur la vis.
Quelques années après, probablement en i53q, Jehan de Pincé décidait jehan de Pincé
d’agrandir sa demeure. Il achetait successivement les Créneaux, et deux logis fait agrandir
voisins, le Pied-de-Biche et le Figuier, qu’il fit de'molir, et dont les terrains lui l'Hôtel primitif
,±-r , i . , , , par Jehan de Lespine.
servirent pour ediher un nouveau corps de logis, et très probablement pour x J
disposer un jardin. Jehan de Lespine s’était fait apprécier par des travaux importants ; il venait d’entrer au service de la Ville. A défaut de documents d’archives qui en contiennent la preuve, il y a toute présomption que dans cette attribution de l’Hôtel neuf de Pincé à l’illustre maître maçon angevin, la légende basée sur une tradition constante est conforme à la vérité. Les travaux commencèrent très probablement en l’anne'e 1 53 3 ou à la fin de l’année i53q : la date de 1 535 se lit dans le cartouche de la frise qui surmonte la grande fenêtre du rez-de-chaussée et au sommet d’un pilastre du premier étage ; ils ne durèrent point longtemps. On peut supposer qu’ils furent pour le moins terminés en i5qi , car, le 8 mars de cette année-là, la veuve de Jehan de Pincé, Renée Fournier, reconnaissait, dans un acte public, ses obligations à l’égard du Chapitre de Saint-Maurille pour la « maison nouvellement édilliée, appelée vulgairement « les Créneaux. . . composée de cour devant, gallerie à l’entour des deux corps « d’hostel, une viz entre deux et une petite cour derrière, le tout en un tenant ».
Une déclaration postérieure, datée de Ô42, rendue au fief du roi, mentionne « les deux tourelles et l’advancement faict au long du pignon du grand corps « d’hostel et maison neuve de lad. veuve, comprenant une place en laquelle y a « partie de la cour et galeries d icelle maison et entrée de lad. maison ». Cette construction nouvelle comprenait donc simplement le bâtiment de droite flanqué de deux tourelles qui surplombent la rue du Figuier, et décoré de deux chimères
(1) André Jocbert: La restauration artistique de l'Tlôtel de Pincé. Extrait de la Revue de l'Anjou. Au château de Ilaugé, datant du XV* siècle, oeuvre de Guillaume Robin, maître des œuvres de maçonnerie du roi René, mais remanié postérieurement, on remarque un escalier dont la voûte présente la même disposition architecturale, avec les armes d’Anjou-Sicile.