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LA TRADITION DU CULTE DE «.'ANTIQUITE EN FRANCE

« tour nommée Athènes dedans laquelle estoit assise en une chaire une fille <( armée de toutes pièces, réserve la teste, tenant en l’une main une lance ; et « en l’autre ung escu cristallin : dict l’escu de Prudence sur lequel estoit « pourtraict le chef de Méduse. Icelle fille représentoit Pallas ou Minerve, déesse « de Sapience ... au hault dudict eschafault estoit escrit ce que escript Virgile en « ses bucoliques descripvant laage d’or ». D'un autre côté, au même endroit, sur un échafaud, était montré « Perseus », qu’Aglaia, Thalia etEufrosine recevaient entre leurs mains et portaient à Pallas, qui lui donnait le bouclier de Prudence, et lui obtenait de Jupiter un rang parmi les étoiles. Au pont de Robec, Atlas et Hercule soutenaient un « ciel », au milieu duquel était placée une salamandre « composée par si bon et subtil artifice qu’elle scmbloit naturelle et vivante », et contre laquelle s’acharnaient sans succès un ours et un taureau, emblèmes des Suisses battus à Marignan. Au parvis de la cathédrale, le « mystère » était « l’image et stature d’un grand cheval à merveilles ayant les pieds de devant « jettez en l’air et dessus l’effigie et représentation du Roy, le tout si artificielle- « ment qu’il sembloit ne rester que l’esprit pour le faire mouvoir. Icelluy cheval (f estoit porté sur une terrache ou carrure, entour de laquelle estoyct figurées « les victoires du Roy. Le tout de couleur semblable à cuyvre. Geste statue « avoit esté ordonné ensuyvir et émuler le triumphe des Romains, lesquelz, à « leurs consulz, impérateurs ou autres hommes vertueulx érigeoyent, en lieu « patent à Rome, une statue de marbre ou cuyvre pour perpétuelle mémoire de « celuy qui estoit digne de triumphe et aussy pour inciter les autres aux œuvres « de vertu » (i).

A l’entrée de Henri II, en octobre i55o, dans cette même ville, ce fut un véritable triomphe à la romaine que la municipalité organisa pour célébrer la campagne militaire du roi qui venait de rendre Calais à la France (2).

La Ville de Dieppe n’offrit pas au roi de moindres réjouissances artistiques. « On embellit la porte de la Barre, par où sa majesté devoit passer, de plusieurs « beaux chiffres et de la représentation d’un Hercule et d’une Pallas vestus à

« l’antique Il y eut en la place du Puits-Salé un grand théâtre orne' de

« plusieurs tableaux, dont les représentations publiaient par un muet langage « les louanges du Roy. Entr’autres on y voyait les Muses et un Pégase, qui « voltigeait au-dessus assez agréablement... Ce qu’il y eut de plus surprenant « fut la grande mer qui fut faite en la grande place du marché, où un Neptune

(1) L'Entrée de François 1" , roi de France, dans la ville de Rouen, au mois d'août 1 5/7. Réimprimé d’après deux opuscules rarissimes de l'époque, et précédé d’une introduction, par Ch. dk Deairepaire,

in-40, Rouen, 1867.

(2) L'Entrée de Henri II, roi de France, à Rouen, au mois d'octobre 1550. Imprimé pour la première fois d’après un manuscrit de la llibliothèque de Rouen, accompagné de notes bibliographiques et historiques, par S. de Mer val, et orné de dix planches gravées à l’eau-forte, par Louis de Merval, in folio, Rouen, 1868.

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