CHAPITRE TROISIÈME
« nageait en la compagnie de plusieurs syrènes, lesquelles estoient chargées des « armes du Roy et de la Ville et environnées d’un grand nombre de poissons » ( i).
A Caen, en 1 532 , le séjour du Dauphin donna lieu à des cortèges et des spectacles où les souvenirs de l’Antiquité tenaient la plus grande place (2).
Lors de l’entrée de François Ier à Troyes, le 2 £ avril 1 52 1 , pendant qu’on distribuait aux personnages du cortège des bouquets de Heurs, le roi, arrivé à la porte de Belfroy, vit sortir tout à coup d’une tour une belle fille, bien et richement accoutrée. Elle lui ofi'rit une image de la Foi suspendue par unechaîne à un cœur d’or. Cette fille, qui personnifiait la belle Hélène, annonça au roi dans un quatrain que la Foi n’était autre que la clef de son cœur. La Ville ofi'rit au roi une statue en argent représentant Hector armé à cheval, dans le but de rappeler l’origine fabuleuse de la ville, fondée par des Phrygiens échappés du sac deTroie en Troade. Déjà, en i486, un présent symbolique du même genre avait été offert à Charles VIII, en même temps qu’un Samson et un David terrassant Goliath, destinés à allégoriser sa vaillance guerrière (3).
En France, plus encore qu’en Italie, peut-être, la Renaissance, suivant le jugement de Burckhardt (4), ne considéra jamais l’Antiquité autrement que comme un moyen d’expression pour les idées architecturales qui lui étaient propres.
(1) Assei.isjî : Histoire de Dieppe, t. I, p. 248.
(2) Charles de Bourgueviixe, sieur du lieu de liras et de Brucourt : Recherches et antiquités de la province de Neustrie à présent duché de Normandie, comme des villes remarquables d'icelle, mais plus spécialement de la ville et université de Caen, chez Jean de Feurre, 1588, p. 253.
(3) Babeau : Les rois de France à Troyes, in-8*, 1880
(4) Burckhardt : Die Cttllur der Renaissance in Italien, 1877.