CHAPITRE QUATORZIEME
« Vielle-Tour, avaient constaté l’état de ruine où se trouvait alors la chapelle « érigée en l’honneur de saint Romain, et que rendait célèbre la cérémonie du « Pardon. Ils proposèrent de la rétablir ailleurs, dans une place convenable, et « à leurs frais. » (i)
« Dernier août. Le Chapitre, après avoir pris l’avis de l’archevêque, autorise « le changement proposé. » (2)
Guillaume Douchet. A cette date, Guillaume Douchet, ou Doulcet, était « maistre maçon de
l'Hôtel commun de Rouen ». Ne serait-ce point lui qui, en cette qualité, aurait donné les plans et dirigé la construction de la chapelle ? Il y a quelque présomption, sinon certitude, pour l’affirmative. Les travaux ne durèrent point longtemps, sans doute à cause de l’embarras que leur prolongation aurait causé aux nombreux industriels et marchands qui faisaient leurs affaires dans les Halles et sur le marché. Floquet a relevé, dans un manuscrit daté de 043, ce passage : « La Fierte fut levée cette année à la Vieux-Tour par noble homme « Jehan de Mussy, sieur de Goberville, en une chapelle nouvellement érigée sur « la voulte de la porte de la dicte Vieu Tour. » (3)
Ce maître maçon paraît avoir été fort apprécié. On le trouve employé à des travaux de l’église Saint-Michel ; il recevait un salaire fort élevé pour le temps : 7 sous et 6 deniers par jour (4); il donna les plans de la fontaine Saint-Vivien, réédifiée vers i56i (5).
Thomas Théroulde.
Notre-Dame de Caudebec.
Thomas Théroulde fut, avec Guillaume Morin, le maître d’œuvre de l’église Notre-Dame de Caudebec. Puis ces deux maçons furent appelés à Pont-Audemer pour élever la partie supérieure de la tour du sud à Saint-Ouen, restée inachevée, et les clôtures des chapelles latérales, pour faire les piscines, et les décorations accessoires de la nef, qui sont dans le style Renaissance (6). On y remarque particulièrement les piliers formés de faisceaux de colonnettes, les dais et les culs-de-lampes, d’une grande richesse d’ornementation.
L’église Notre-Dame, après Guillaume Morin et Thomas Théroulde, eut pour maîtres d’œuvre François Maze, Mathurin Lebeuf, Jehan Curtif, et Thomas. Ce dernier fut mandé par la Fabrique de l’église de Lillebonne, en 1 543, au lendemain de la destruction du portail par la foudre ; et reçut la mission d’en construire un nouveau. Il rapporta bientôt un « pourtraict », qui était approuvé. << On y reconnaît, dit l’abbé Cochet, la main qui a laissé son empreinte sur « l’église de Caudebec. »
(1) Archives municipales, G. 2157.
(2) Deliberation du chapitre rie la Cathédrale, en date du 27 août 1543.*
(3) Fi.oquet : Histoire du ■privilège de Saint-Romain, 1833, 2 vol. in-8’.
(4) Archives municipales : G. 7166.
(5) Ibidem : G. 7755.
(6) Archives de l'Art français, 2° série, t. VI, p. 441.
AUTRES MAITRES MAÇONS
L’église Saint-Pierre de Coutances offre, dans sa lanterne centrale, une œuvre de la Renaissance qui est bien plutôt une curiosité technique, par sa hardiesse et sa fantaisie, qu’une œuvre d’art d’une indiscutable beauté. Commencés vers la fin du règne de François Ier, les travaux atteignaient, en i55o, la deuxième galerie ; ils furent terminés vers 1 58 1 . Dans les Comptes de la cathédrale, pour l’année i 5 5 2 , on trouve comme maître d’œuvre, chargé de la direction des chantiers, Guillaume Le Roussel, qualifié « maistre après Dieu de l’église de céans », et comme entrepreneur Richard Vatin.
Un Compte de 1 58 1 fait mention du nom de « Nicolas Saurel, maistre « machon de l’œuvre de l’église pour la construction de la tour du chœur de la « dite église. »
Heureusement pour sa gloire artistique, la Bretagne, pendant la Renaissance, compta, en outre de Jean Danielo, le deviseur de plans, formé en Italie, dont il sera question ailleurs, des maîtres maçons-tailleurs de pierre qui avaient un tout autre tempérament d’artiste, beaucoup plus d’imagination, et d’habileté technique, qui surent produire des œuvres personnelles, originales, et caractéristiques. Les noms du plus grand nombre sont encore ensevelis dans l'oubli le plus profond ; quelques-uns seulement ont pu survivre, grâce à leur inscription dans le granit des églises et des chapelles, ou ont été découverts récemment dans les archives régionales : mais on ignore tout de leur état civil et de leur vie.
Ces maîtres d’œuvre notables sont :
Jehan Morel « maistre maezon » du château de Nantes, en i53q, à qui est dû certainement le superbe et pittoresque crénelage de la courtine sur la rive de la Loire ;
Guillaume Pâtissier, qui inaugura la fonction de « maistre des œuvres de la Ville de Nantes », créée au commencement du siècle, et qui bâtit l’Hospice général (1 ) ;
Guillaume Bricault, successeur de Pâtissier, qui entreprenait, en 1 5 1 6, la construction d’un hôtel pour la Chambre des Comptes (2) ;
Fouquet Jehanon, qui commença, en i53o, le clocher de l’église de Bulat, et, en i5d2, la sacristie de cette église ;
Vincent Rabault et Robert Jarde, « maistres de l’œuvre » pour la reconstruction de la tour de la cathédrale de Rennes, écroulée en i53();
Yves Croazec, qui commença, le 10 juillet 1048, la tour de Saint-Mathieu de Morlaix, que continuèrent, jusqu’en 1 582 , Guillaume Créhif, Michel Le Borgne et Augustin Pen;
Yves Ozanne, l’architecte du calvaire de Guimiliau;
(1) Furret et Caillé : Nantes ancien, maîtres d'œuvres et artisans, une brochure in-S° de 48 p.,
Nantes, 1910, p. 14.
(2) Edifice démoli en 1740.
Saint-Pierre de Coutances.
Guillaume Le Roussel.
En Bretagne.
Jelian Morel.
Guillaume Pâtissier.
Guillaume Bricault.
Fouquet Jehanon.
Vincent Rabault.
Robert J a ri le.
Yves Croazec.
Yves Ozanne.