‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 191 sur 236 · Partie Renaissance œuvre de Mathias Tesson · texte numérisé non relu

Partie Renaissance œuvre de Mathias Tesson

MAITRES D’ŒUVRE PEU CONNUS A2 I

« mesdits sr’ Maieur et eschcvins, avec lesolhcicrs permanents, ont unanimement « ordonné, décrété et prins résolution absolute de faire continuer et achever « iceulx ouvraiges, encommonchcz conformément ou (au) pourtraict et patron « qu’en a baillé M* Mathias Tesson, ayant encommenché iceulx ouvraiges.

« Iceluy patron et pourtraict reposant en la chambre du conseil de ceste ville.

« Faict en chambre, le second jour d’octobre, 1572. »

On ne sait rien autre de ce maître maçon, qui, d’après cette construction, fut, évidemment, un habile constructeur, et un artiste ingénieux.

La Renaissance architecturale commença à se manifester à Troyes, et dans la partie de la Champagne soumise à l’influence de ce grand centre artistique, d’une façon beaucoup plus tardive que dans les autres province de France. Les travaux de construction de la grande façade de la cathédrale et de l’Hotel épiscopal ont absorbé toutes les ressources financières dont le clergé pouvait disposer. A l’exception du jubé de la Madeleine, aucun autre monument n’est élevé par les maîtres maçons troyens, dans les premières années du xvi° siècle; et le chef-d’œuvre de Jehan Guailde est encore de style ogival. Après l’incendie de 1824, qui détruisit une partie de la ville, jusqu'en 1 53 1 , les réparations et restaurations d’édifices se font dans le même style, et sont exécutées par les maîtres maçons qu’ont formés Jehan Garnache, Martin Chambiges, Jean de Damas, et Jehan Ier Bailly; et, même, vers 1 55 5, Jean et Martin Devaulx reconstruiront-ils, encore, à la mode de la fin du xve siècle, le transept, la grande nef, et les bas côtés de l’église Saint-Jean. Il semble bien, tout au moins jusqu’ici, qu’on ne puisse trouver à Troyes d’exemple de la simultanéité de production du style ogival et du style nouveau par les mêmes artistes, observée ailleurs, et si fréquemment.

En 1025, Gérard Faulchot, chargé, avec son fils Jehan, et son gendre Claude Malleterre, de la réédification de Saint-Nicolas, adopte timidement un style de transition; et, en 1 53 x , un maître maçon, resté inconnu, donne au portail neuf de Saint-Nizier l'ordonnance architecturale traditionnelle, agrémentée simplement de quelques ornements dans le goût de la Renaissance.

C’est par le fils de Gérard, Jehan Faulchot, que l’architecture nouvelle sera instaurée à Troyes, dans les édifices religieux, et de la manière la plus brillante. En 1041, ce maître maçon commence la construction du portail méridional de l’église Saint-Nicolas, qui, au dire d’un annaliste locai, Grosley (1), excitait l’enthousiasme du célèbre sculpteur Girardon, retiré à Troyes, sa ville natale, à ce point qu’il se faisait placer dans un fauteuil pour l’admirer tout à son aise, et longtemps.

Recueillant la succession artistique d’Antoine Dumay, de 1048 à 1 5G5 ,

(1) GROSLEY : Ephâmérides troyennes, 2 vol. in-12, 181 1 ; Mémoires historiques et critiques pour l'Histoire de Troyes, 2 vol. in-8“, 1811-1812.

En Champagne.

Les Faulchot .

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