‹ La renaissance française; l'architecture nationale, les grands maîtres maçonsChapitre 199 sur 236 · I. Hôtel de Ville de Gray · texte numérisé non relu

I. Hôtel de Ville de Gray

Jean Maire.

Hors de Besançon, Richard Maire lit quelques travaux importants. Il bâtit sur ses plans l’Hôtel de Ville de Gray (i), qui devait servir, quelques années après, de modèle pour la construction de l’Hôtel du Parlement de Bourgogne, à Dole (2). On remarquera, sans doute aucun, par la comparaison des reproductions du Palais Granvelle et de l’Hôtel de Ville de Gray, qu’il existe entre les deux édifices un certain air de parenté, qui confirme l’hypothèse de l’attribution du premier au maître maçon franc-comtois.

Richard Maire mourut vers 1587.

Il eut un fils du prénom de Jean, qui embrassa la carrière paternelle, et travailla particulièrement à Besançon où il acquit une grande renommée.

Jean Maire, notamment, succéda à son père dans l’entreprise, inachevée, de la construction de l’Hôtel du cardinal de Granvelle. Le prélat écrivait, de Madrid, le 4 janvier 1 586, au prieur de Bellefontaine : « Ce m’est grand plaisir d’entendre « ce que vous me dites que le fils de feu maistre Richard vous semble à propos « pour suivre l’ouvrage entreprins par le père en nostre bastiment à Besançon, « et vous prie continuer d’y assister et d’aider à faire le marché pour le troisième « estage et pour la chapelle » (3).

Il y a bien des raisons d’attribuer à Jean Maire les nombreux hôtels privés de Besançon, construits dans la seconde partie du xvic siècle, et qui se font remarquer par une évidente analogie d’ordonnance et de décoration : ouvertures surmontées d’un fronton triangulaire ou arrondi, chaque porte sommée par un œil-de-bœuf; corniches aux profils vigoureux, supportées par des colonnes engagées ou par des pilastres ; frontons à décoration exubérante de mufles de lions, de masques grimaçants, etc.

(1) Archives municipales de Gray : Délibérations.

(2) Archives du Doubs : Fonds du Parlement de Dole.

(3) C orrespondance de Granvelle , publiée par l’Académie royale de Iîelgique, t. XII, p. 148.

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